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  • 19/2/2008
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Les fondements psychologiques du comportement (1)

joie et tristesse

   Il y a un "fondement" général du comportement que les chercheurs enjambent habituellement en le considérant comme une évidence courante. Il s’agit du principe de "la recherche du plaisir et de l’évitement de la douleur (ou du désagrément)" qui se trouve généralement à l’origine du comportement des êtres humains. Ainsi, lorsque nous avons faim par exemple, nous recherchons un plaisir, en l’occurrence le plaisir de la satiété, et nous voulons éviter une douleur, celle de la faim qui se traduit par la contraction des muscles de l’estomac.

Et lorsque nous nous trouvons dans la solitude, nous recherchons le plaisir de la sociabilité et nous désirons éviter la douleur de la solitude et du dépaysement.

   Et même lorsque nous choisissons volontiers la solitude par exemple, nous recherchons le plaisir que nous procure le calme et nous évitons le désagrément des bruits et du vacarme etc...

   Si nous passons sur cette évidence générale du comportement, nous nous retrouverons face à la recherche des fondements qui incarnent ce principe, pour savoir s’ils appartiennent au concept d’instinct, de besoins, de pulsions, de propensions, ou de mobiles, ou bien s’ils sont innés, acquis ou les deux à la fois, ou encore s’ils sont vitaux (biologiques) ou psychologiques, principaux ou secondaires etc...

   Le fondement selon lequel "l’instinct" représente l’incarnation du principe de "plaisir" est l’une des théories laïques qui tentent d’expliquer par lui (l’instinct) tous les processus psychologiques.

   En effet, cette théorie (la théorie de l’instinct) affirme que l’être humain est le produit d’une série d’instincts qui le conduisent à se mouvoir et à agir ou réagir, tel que l’instinct de "la recherche de nourriture", "l’instinct sociable", "l’instinct de combat" etc... Ces instincts pourraient être d’origine vitale, tel que "l’instinct de recherche de nourriture" ou psychologique, tel que "l’instinct de combat". Mais dans les deux cas, ces instincts constituent un fondement inné qui se trouve à l’origine des activités de l’homme.

L’un des représentants de ce courant, William McDougall(1) a placé devant chaque instinct une réaction affective qui lui soit propre. Par exemple:

- L’instinct de nourriture: réagit à la faim;

- L’instinct social: réagit à la solitude;

- L’instinct de combat: réagit à la colère etc...

Cette théorie a fait l’objet de diverses objections, dont celle selon laquelle une partie des instincts que ce chercheur avait mentionnés dans sa liste n’ont pas un fondement "vital" mais résultent de "l’acquis".

   Par exemple "l’instinct de combat" ne saurait être inclus sous la rubrique "Instincts", étant donné que l’homme n’est pas né avec l’inclination au combat, ou au contraire, l’inclination à la paix, lesquelles sont déterminées par le "milieu" (l’éducation) et non par "l’hérédité".

   Ce qui a renforcé et réconforté ce courant opposé à la théorie de l’instinct, ce sont les recherches menées par les anthropologues auprès de peuples et de tribus primitifs, recherches qui ont montré que la tendance au combat, à la domination, à la possession et les autres penchants d’origines psychologiques sont inexistants chez les dits peuples et tribus, lesquels vivent en paix entre eux au lieu de se battre, s’effacent au lieu de rechercher la domination, et renoncent à leurs biens au lieu de s’attacher à la possession, ce qui signifie que les fondements psychologiques, comme nous l’avons signalé, sont déterminés par "le milieu" et non par "l’hérédité".

En fait, toutes les deux théories, celle de l’instinct et celle qui lui est opposée tombent dans la même erreur: la première, parce qu’elle confond entre deux types d’instincts (le vital et le psychologique) et les place sous un même et seul fondement, et la seconde, parce qu’elle renie radicalement le fondement instinctif.

   L’erreur qui a enveloppé la première théorie consiste à ne pas faire la distinction entre un fondement vital - tel l’alimentation - et un fondement psychologique - tel la domination, la possession etc. Alors que le premier relève d’un héritage inné dont la satisfaction est inévitable, sous peine de détruire l’être humain, contrairement au second, le fondement psychologique, lequel est tributaire de la nature du milieu qui le détermine: ainsi, lorsque nous sommes animés par un désir de combattre ou de posséder, nous pourrions modifier ou transformer ce désir en son contraire, la tendance à la paix et à la satisfaction avec la portion congrue en ce qui concerne les biens de ce monde. Toutefois cela ne signifie pas que le fondement psychologique n’est soumis à aucun organe inné, mais que sa soumission est en puissance, alors que celle du fondement vital est en acte...

 

1. Mc Dougall (William): Psychologue américain (1871-1938). Sa conception de la psychologie sociale (science dont il fut un des fondateurs) repose sur la notion d’instinct. (cf.:"An Introduction to social Psychology").

 

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Source: www.bostani.com

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