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Chiites bahreïniens: le régime d’Al Khalifa et l’accusation de collusion avec Téhéran depuis 1971

 

chiites bahreïniens

   Pourtant, et à bien des égards, la réalité politique chiite bahreïnie donne très rarement l’impression de déborder du strict cadre national, que ce soit sur le plan des ambitions affichées ou pour ce qui relève tout simplement de sa structuration concrète. Les chiites du Bahreïn sont le plus souvent organisés dans le cadre de structures politiques contestataires, certes, mais, dans les faits, leur action reste confinée au seul plan des revendications politiques citoyennes, et ce même si des doléances précises d’ordre spirituel peuvent se manifester au sein de ces formations aux ambitions officiellement politiques.

L’événement-phare de la contestation chiite de ces dernières années reste ainsi incarné par la célèbre «Révolution constitutionnelle», nom donné au mouvement de masse qui avait poussé «l’opposition chiite» à investir les rues en 1994 afin de pousser le gouvernement à modifier la Constitution du pays de façon à garantir un équilibre politique national conforme à la réalité démographique du pays.

   Dit autrement, les chiites, majoritaires au Bahreïn, demandaient une visibilité citoyenne et politique équivalant à leur poids social et démographique. Les débuts de l’apparition d’une «opposition chiite» bahreïnie, c’est-à-dire d’un ensemble de formations politiques composées en majorité de chiites, remonte cependant plus loin dans l’histoire. C’est bien sûr avec la Révolution islamique iranienne, et suite aux tensions qui opposeront alors la famille régnante aux nationaux chiites, que l’on assistera notamment à l’apparition d’une formation du nom de Front islamique de Libération du Bahreïn, dès septembre 1979. Puis, c’est très vite le Mouvement islamique des Bahreïnis Libres qui viendra s’ajouter à la donne chiite contestataire, quoique avec pour particularité d’avoir ses quartiers généraux situés à Londres. Sans compter, bien entendu, une formation mythique du nom de Hezbollah bahreïni, auquel le gouvernement a tant reproché, des années durant, d’être un satellite de Téhéran, mais dont personne ne saurait, aujourd’hui encore, donner de détails quant au nom de son/ses dirigeant(s) ou au nombre de ses membres, sans parler de son programme officiel. Il convient cependant de garder à l’esprit que, dès le début des années 1970 déjà, et sans préjudice d’ailleurs de la riche histoire du Bahreïn de la première moitié du 20ème siècle, des embryons contestataires existaient déjà qui participaient de la formation d’un noyau amené par la suite à acquérir une coloration majoritairement chiite.

Dès 1971, les premières années de l’indépendance de l’émirat se particulariseront en effet par un début d’institution d’un processus électoral qui connaîtra son soudain coup d’arrêt en 1975, ouvrant ainsi la parenthèse d’un vide électoral qui ne sera comblé – même si partiellement - qu’avec le début du troisième millénaire.

Source: Barah Mikhail, La question de la Marja’iyya chiite, Paris: IRIS, 2005

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