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Le système médical musulman

illustration d’instruments du médecin musulman médiéval abulcasis, kitab al-tasrif

   Dans la médecine islamique, le traitement n’était pas uniquement focalisé sur l’organe malade. Le médecin examinait le patient avec minutie, et prenait même en compte des détails tels que ses inquiétudes personnelles, sa façon de vivre, ses habitudes et son passé médical.

Autrement dit, la médecine traditionnelle islamique était globalisante dans sa façon d’aborder la maladie.

   Dans le système médical musulman, les médecins étaient tenus de suivre des principes d’éthique professionnelle basés sur le serment d’Hippocrate. Le médecin n’avait pas le droit de tuer un patient avec un médicament ou aider à la mise à mort de quelqu’un. La pratique de l’avortement était également interdite. De plus, il était tenu de respecter le secret médical. Les médecins étaient tenus de porter des vêtements blancs et très propres et garder très courts leurs ongles.

Le traitement des malades pauvres avait une importance particulière et valorisait le médecin. Ibn Abi Assib cite le nom de 450 médecins qui recevaient gratuitement les patients.

   Dans le système médical traditionnel islamique, une relation psychologique importante s’établissait entre le médecin et son patient. Les médecins étaient les détenteurs des secrets de leurs patients et devaient se montrer à la hauteur de cette confiance qu’on leur faisait, et qui était considérée comme un élément important dans le processus de guérison. De façon générale, la médecine islamique, comme la médecine grecque, accordait beaucoup d’attentions aux éléments indirectement liés à la maladie, tels que l’air et le climat, le repos, l’excitation, une bonne nutrition, le sommeil, etc. On conseillait aux malades de garder la juste mesure dans le respect de ce genre de détails pour se tenir en bonne santé. Ces éléments étaient considérés comme des éléments psychologiques ou «volonté de l’égo». Par exemple, tous les médecins conseillaient à leurs patients d’éviter trop d’excitation, ainsi que l’obésité. Ils rappelaient également que la peur provoque la mauvaise humeur. Finalement donc, l’attention du médecin se portait autant sur la psyché du malade que sur son corps et le premier à avoir théorisé l’usage de méthodes "psychologiques" dans la guérison de maux physiques est Razès. Ainsi, la psyché était également étudiée et éventuellement soignée.

Parmi les grands ouvrages de la médecine islamique en la matière, on peut citer le traité d’Eshagh Ibn Emrãn, médecin de cour au Caire au Xe siècle, sur la mélancolie, qu’il aborde en tant que maladie mentale. Dans ce livre, l’auteur insiste notamment sur le rôle de la musique dans le traitement de la mélancolie.

   Les avancées de la médecine islamique furent remarquables, en particulier durant son âge d’or (Xe-XIIe siècle). C’est durant cette période que les sciences islamiques atteignirent un tel niveau de maturité qu’elles n’étaient pas seulement indépendantes, mais aussi critiques par rapport aux sciences antiques, capables désormais de les réformer ou compléter.

Bibliographie

1. Mahmoud Najmãbãdi, Tãrikh-e pezeshki Irãn va Jahãn-e eslãm (Histoire de la médecine en Iran et dans le monde musulman), Téhéran, Bank-e Ettela’ãt-e Târikh-e pezeshki-e Irãn, 2011.

2. Gholãmrezã Nourmohammadi, "Negareshi be mafhoum-e tebb-e eslãmi" (Regards sur la notion de médecine islamique), revue Howzeh-ye Pajouhesh, n°17 et 18, cinquième année.

3. Rahim Farrokhniã, "Tebb-e eslãmi va jãygãh-e ãn dar miãn-e nezãmhã-ye bozorg-e tebb-e sonnati", revue Meshkãt, n° 81, hiver 2003.

4. Seyyed Ja’far Mortezã ’Ameli, Adãb-e tebb va pezeshki dar eslãm bã mokhtassari az tãrikh-e tebb (Ethique de la médecine en islam et petite histoire de la médecine), ouvrage à consulter sur le site tim.ir, site de l’Association iranienne de médecine traditionnelle.

Arefeh Hedjazi

Source: Teheran.ir

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