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Behzãd à la tête de toutes les bibliothèques du royaume

bahram-e gour tuant le dragon, behzad, hérat, xve siècle

   Shãh Ismãïl nomma le grand maître Behzãd à la tête de toutes les bibliothèques du royaume, ce qui signifiait que Behzãd devait désormais contrôler et juger le travail de tous les calligraphes, miniaturistes et relieurs du royaume.

Il conserva cette place une vingtaine d’années, après quoi les Ouzbeks, dont les attaques incessantes finirent par briser les défenses de la ville, envahirent Herãt, obligeant la cour et ses artistes à évacuer la ville.

   Malgré cela, certains calligraphes comme Mîr ’Ali, Sheikhzãdeh ou Mollã Youssef tombèrent aux mains des Ouzbeks et furent emmenés à Bokharã, où ils fondèrent l’école du même nom qui connut son moment de gloire, assez court au demeurant, car au fil des années, le manque de talent contribua à nuire au développement de cette école.

Finalement, le roi Tahmassb réussit à vaincre les Ouzbeks et reprit Herãt. Il voulait cependant regagner sa capitale, Tabriz, et après bien des discussions, il obligea Behzãd et d’autres artistes à l’accompagner. Dans cette ville, Behzãd reprit son poste à la bibliothèque royale. C’est à cette époque qu’il fut chargé de terminer l’enluminure du Livre des Rois de Tahmassb, chef-d’œuvre d’enluminure de la période safavide.

   Le ton patriotique des safavides donna un nouveau souffle à la miniature, qui abandonna un peu le mystico romantisme des Timourides. Malgré cela Behzãd, dans ses œuvres personnelles et indépendantes, conserva son ton mystique que l’on peut observer dans des miniatures telles que "Le vieillard et le jouvenceau" ou "La bataille de chameaux", copiés plus tard par ses élèves, avec quelques changements altérant le sens que Behzãd avait voulu leur donner.

Behzãd a eu de nombreux élèves dont les plus importants à Herãt sont Ghãssem ben ’Ali et Sheikh Zãdeh Mahmood Mozaheb. Ce dernier, emmené par les Ouzbeks à Bokharã, y fonda l’école de Bokharã qui, en réalité, suit la voie mystique de Behzâd en y créant de beaux chefs-d’œuvre.

   Behzãd mourut en 1536 à Tabriz. Après sa mort, ses élèves perpétuèrent ses techniques et certains, après la perte d’intérêt du roi Tahmasb pour la miniature et en réponse à l’invitation du roi Homãyoon, prirent le chemin de l’Inde. Ils y fondèrent, sous la protection des Mongols d’Inde, l’école indienne de la miniature qui fut à la source de la formation du courant artistique le plus important après Behzâd.

Arefeh Hedjãzi

Source: Teheran.ir

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