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  • 11/8/2011
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L’épanouissement de la peinture persane  

behzad, yussuf fuit zuleykha

   Au XIIIe s., les invasions mongoles interrompirent pour un temps la production des manuscrits, mais leur mécénat, le renouveau de la littérature persane et la régénération des idées et de la spiritualité permirent l’épanouissement rapide de la peinture persane.

Plus raffinée que la peinture arabe qui disparaît peu à peu, elle synthétise différents apports: l’icône byzantine, les peintures manichéennes et bouddhiques d’Asie centrale, et surtout l’influence chinoise apportée par les Mongols. Prépondérante, celle-ci est visible dans la forme des montagnes, des arbres ou des nuages, la dynamique et la composition des scènes, les visages mongoloïdes.

   Le XIVe s. marque le début d’un âge classique de la peinture persane. Tabriz et Bagdad abritent des ateliers et des courants esthétiques. Un manuscrit illustrant le Livre des rois de Ferdowsi est l’un des premiers chefs-d’uvre, tout comme les peintures d’un grand peintre soufi, Joneyd. A l’époque timouride (XIV^XV6 s.), la peinture sur livre s’épanouit dans une esthétique somptueuse: à Samarkand, d’abord, capitale de Tamerlan et surtout à Hérat, où travaille le célèbre peintre Behzãd (1465-1535), qui introduit plus de réalisme et de sensibilité dans des images parfois académiques. Les Turcomans, qui ont conquis l’Irak et l’ouest de l’Iran au XVe s., fondent une école stylistique qui rayonne principalement de Tabriz et dure plusieurs décennies. Au XVIe s., avec les Safavides, la peinture va atteindre son plus grand raffinement. Plusieurs écoles régionales coexistent, notamment à Tabriz et Qazvin.

A la même époque, l’esthétique persane influence la peinture ottomane à Istanbul, la peinture moghole dans l’Inde musulmane, et l’école de Boukhara dans l’Asie centrale ouzbèke.

   Epris de peinture, Shah Tahmasp Ier fait illustrer par des maîtres remarquables un Khamseh de Nezãmi et le Livre des rois de Ferdowsi, qui sont les sommets de l’art du livre safavide. Au tournant des XVIe et XVIIe s., Ridhã Abbãsi imposa un nouveau style de portraits: des jeunes courtisans efféminés, des couples enlacés et des dames élégantes, dans des positions langoureuses et érotiques, tenant des flacons de vin. Au XVIe s., les artistes commencent à peindre des images sur des feuilles isolées, qui étaient signées et qui trouvaient aisément preneurs parmi les gens qui ne pouvaient s’offrir de grands manuscrits.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP.162-163. 

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