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Épitre «Radd Neïtcheriye» ou «Réfutations des matérialistes» d’Al-Afghãni (1)  

sayyid jamal al-din

   Ecrit en persan vers 1880, en Inde à Hyderãbãd, cette épitre en persan avait pour titre «Radd Neïtchuriyye». C’est Mohammad Abduh qui avait traduit cette épitre en arabe, et en fit 3 éditions, la première en 1885, puis en 1894 et la troisième en 1902, l’œuvre en arabe s’intitule «Ar-Radd alä ad-Dahriyyîn». À partir de cette dernière édition en arabe, Amélie-Marie Goichon, professeur orientaliste reconnu avait traduit ce livre en français avec le titre de « Réfutations des matérialistes»

   Cet écrit se plaçait dans un contexte bien précis. Al-Afghãni avait peur que les musulmans se soustraient à l’influence déprimante du matérialisme. Il avait vu le gouvernement Anglais attirer dans l’égarement un groupe d’habitants en Inde, en les sollicitant d’abandonner les religions, de dénouer les nœuds de la foi. Beaucoup parmi le peuple étaient séduit par les opinions étrangères et détournés de leurs propres croyances.

On s’informait auprès d’Al-Afghãni sur son point de vue sur les idées introduites par les étrangers; ce fût le cas de Moulay Mohammed Wâcil, professeur de mathématiques au collège al-A’izza d’Hyderâbâd du Dekkan, dans l’Inde, qui lui écrivit pour lui demander des explications sur les partisans du «Neïtchur» ou autrement les «Neïtchuriyûn», les matérialistes.

La réponse du sheikh:

   «Mon cher ami, «Neïtchur» signifie «nature», et la doctrine de la Neïtchur est cette doctrine matérialistes qui est apparue en Grèce au 4e et 3e siècle avant la naissance du Christ. Ses dirigeants ont pour but de faire disparaître les religions et de poser les fondements de la licence des mœurs, de la communauté des biens et de l’union libre entre tous les individus. Ils ont déjà fait de grands efforts pour exécuter leur dessin, ils ont multiplié leurs apparences, mais de quelque manière qu’ils se soient trouvés dans une nation, ils ont gâté ses mœurs et leur effort a tourné contre eux en les détruisant eux-mêmes. À quiconque est allé au fond des desseins de partisans de cette méthode, il apparait une seule conclusion [possible] aux prémisses qu’ils avaient posées : la corruption de la civilisation et la ruine de l’édifice social. Car, sans aucun doute, la religion en général est le fil du collier, qui retient tout l’ordre social, et nulle base parfaitement affermie ne s’offrira à là civilisation sans la religion.

Le premier enseignement de cette secte, c’est l’anéantissement des religions et le rejet de tout lieu religieux. Si cette méthode n’est pas plus répandue et n’a pas plus d’adaptes depuis le temps qu’elle se développe, en voici la cause: l’ordre de l’harmonie humaine qui est un reflet de la sagesse divine et céleste, remporte la victoire sur ces principes fragiles de cette loi corrompue.

   Par ce mystère divin, des âmes humaines sont députées à l’abolition de ce qui s’en manifeste, et c’est pourquoi ils n’arrivent à se maintenir ni à s’affermir en aucun moment. Pour développer ce que nous venons de dire, nous allons composer une petite épitre, avec l’espoir qu’elle sera agrée par l’intelligence spontanée de notre excellent ami, et qu’elle sera acceptée avec bienveillance de ceux qui ont l’intelligence droite.»

Sources:

http://afghanfrancophones.forumactif.com

Wikipedia

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