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Les médecins musulmans dès le IXe siècle

le médecin iranien razi dans le recueil des traités de médecine de gérard de crémone, 1250-1260

   Dès le IXe siècle, les médecins musulmans avaient étudié de façon exhaustive les médecines grecques, indienne, iranienne et syriaque.

En 880, quand le grand médecin iranien Rãzi entra dans Bagdad, il eut immédiatement accès au remarquable corpus d’ouvrages médicaux traduits de d’autres langues.

   D’autres grands médecins musulmans comme Al-Kindi, Al-Kanani, Yahya Ibn Massouyeh, la famille Sabet Ibn Ghoreh ou Hanin Ibn Eshagh, bénéficiant de ce même fonds théorique, purent développer la médecine islamique qui sortit de l’enfance et devint elle-même le phare de la médecine mondiale, sous l’égide de génies de taille comme Avicenne, que l’on connaît en particulier pour ses deux chefs-d’œuvre Al-Shifã’ et Ghãnoun (Le Canon). Ce dernier ouvrage est une encyclopédie médicale, qu’Avicenne a rédigée sur le modèle du Al-Hãvi, qui eut un grand succès en Orient et en Occident et qui fut traduit d’abord en grec et latin, puis en d’autres langues.

Un autre grand médecin du monde musulman est Eshagh Ibn ’Ali Ibn Issa auteur d’Adab Al-Tabib. Ce dernier estimait que chaque étudiant en médecine devait suivre une seule branche médicale car personne ne serait capable d’appréhender l’ensemble de la médecine.

   Les branches les plus développées de la médecine islamique étaient l’ophtalmologie, l’orthopédie, la chirurgie et l’angiologie. En 981, le premier "hôpital" au sens moderne du terme fut inauguré à Bagdad. Cet hôpital, ancêtre des hôpitaux modernes, comprenait des sections séparées les unes des autres, en chirurgie, orthopédie, angiologie, ophtalmologie, etc.

Parmi d’autres importants hôpitaux du monde musulman qui furent en service plusieurs siècles et contribuèrent au développement de la santé publique dans le monde musulman, nous pouvons également citer l’hôpital Noureddin à Damas (fondé en 1154) ou l’hôpital Mamlouk Al-Mansour au Caire (fondé en 1284), dans lequel des chambres spéciales étaient prévues pour les patients de la section psychiatrique.

   Chaque grand hôpital faisait également office d’université médicale, les Dar-ol-Shafã (littéralement: "maison de guérison"), tel qu’on les nommait.

Les étudiants en médecine pouvaient y entendre les avis médicaux d’Hippocrate, de Galien ou connaître les grandes écoles médicales d’Asie durant les cours théoriques tenus dans les salles de classe prévues à cet effet ou les cours pratiques dans les chambres des patients.

   Dès cette époque, l’enseignement de la médecine fut autant pratique que théorique. Les médecins enseignants se plaçaient à côté des lits des patients, expliquaient l’état du malade et le traitement qu’ils prévoyaient et qu’ils appliquaient, puis répondaient aux questions éventuelles. Après avoir terminé ses études et passé un examen, l’étudiant recevait un certificat lui permettant d’exercer le métier de médecin. Et durant toute sa carrière, son travail était régulièrement contrôlé par un bureau de moralité du nom de Hisba.

Le préfet était le chef de ces bureaux et contrôlait l’éthique professionnelle, entre autres, des médecins.

   En 931, sur l’ordre de Moghtader, le calife abbasside, une association de médecine fut établie pour la régulation des affaires relatives aux médecins et à leurs carrières. Le grand médecin Sanan Ibn Sãbet fut choisi à sa tête. Ce dernier était responsable de la délivrance des autorisations de travail aux médecins selon leur spécialité. Ainsi, chaque médecin n’avait le droit que d’exercer sa propre spécialité.

A cette époque, rien que dans la seule ville de Bagdad, il y avait 860 médecins en exercice, sans compter les médecins fonctionnaires de l’Etat. On tenait également des réunions durant lesquelles les médecins se consultaient mutuellement au sujet des différentes maladies, ce qui aidait à éviter les erreurs.

   C’était généralement le plus expérimenté qui guidait la discussion et le plus jeune était responsable de la rédaction du rapport de la réunion.

Bibliographie

1. Mahmoud Najmãbãdi, Tãrikh-e pezeshki Irãn va Jahãn-e eslãm (Histoire de la médecine en Iran et dans le monde musulman), Téhéran, Bank-e Ettela’ãt-e Târikh-e pezeshki-e Irãn, 2011.

2. Gholãmrezã Nourmohammadi, "Negareshi be mafhoum-e tebb-e eslãmi" (Regards sur la notion de médecine islamique), revue Howzeh-ye Pajouhesh, n°17 et 18, cinquième année.

3. Rahim Farrokhniã, "Tebb-e eslãmi va jãygãh-e ãn dar miãn-e nezãmhã-ye bozorg-e tebb-e sonnati", revue Meshkãt, n° 81, hiver 2003.

4. Seyyed Ja’far Mortezã ’Ameli, Adãb-e tebb va pezeshki dar eslãm bã mokhtassari az tãrikh-e tebb (Ethique de la médecine en islam et petite histoire de la médecine), ouvrage à consulter sur le site tim.ir, site de l’Association iranienne de médecine traditionnelle.

Arefeh Hedjazi

Source: Teheran.ir

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