• Nombre de visites :
  • 2257
  • 16/10/2012
  • Date :

La technique de la miroiterie

miroiterie

   Les premiers miroirs de l’époque safavide comportaient un fond argenté et venaient pour la plupart d’Allemagne. Puis sous la dynastie qãjãr, on utilisa le mercure, matière oxydable qui noircissait avec le temps. La plupart des motifs incrustés sur ces miroirs anciens sont de nature géométrique.

Dans la miroiterie traditionnelle, on procède d’abord par l’incrustation du motif, du "nœud" sur le miroir, avant d’appliquer le dessin voulu.

   Le miroir est ainsi découpé et les morceaux obtenus sont posés aux murs à l’aide d’une colle spéciale. Quelques fois, le découpage se fait à partir d’une moulure. Dans ce cas, on fabrique des moulures en bois qu’on applique ensuite sur le miroir dont on découpe les contours. Les motifs géométriques simples et ce qu’on dénomme "Eslimi" [1] (qui comprend la calligraphie et les motifs de fleurs et de palmettes) sont incrustés selon la première technique à l’aide d’une poudre de charbon qui vient couvrir l’ensemble de la surface concernée; ces traces sont mises en relief et ensuite le miroir est découpé à l’aide d’un diamant spécial. Aujourd’hui on utilise un mélange de plâtre et de "sérich" (colle traditionnelle). Dans certains cas de l’essence de raisin est ajoutée à ce mélange, en particulier quand il s’agit d’employer la technique du Mogharnass-Qãri [2]. Le diamant est également un outil important dans l’art de la miroiterie. Les techniques modernes permettent d’obtenir une taille parfaite du diamant grâce au microscope.

   Les règles, les équerres et les feuilles de cellophane constituent les autres outils et matériaux utilisés. Dans ce métier, il est impératif de procéder par étape, en suivant scrupuleusement les procédures prescrites. Les découpages faits selon une géométrie simple suivis du collage nécessitent deux jours de travail par mètre, mais lorsqu’il s’agit de motifs traditionnels, plus complexes, on ne dépasse pas les vingt cinq centimètres par jour.

Les motifs Eslimis nécessitent également des mouvements circulaires, multiples, et très longs à exécuter (2 à 3 jours pour chaque mètre).

   Mer’atiãn qui décora plusieurs mausolées d’Imams, fut l’un des grands noms de ce métier et ses descendants perpétuent son enseignement artistique et son art à Ispahãn. La notoriété de cet artiste s’est faite en particulier dans le domaine de "la miroiterie à nœud".

Dans la même lignée, on peut nommer les maîtres Chokuhi, Gadhéri, Razavi, Mahmoudiãn, Rowhãni, etc...

Notes:

[1] Eslimi: motif caractérisé par des courbes et lignes serpentées.

[2] Mogharnass- Qãri: technique utilisée dans l’architecture islamique qui existait déjà à l’époque sãssãnide. Un certain type de décor en relief.

Source: Teheran.ir

  • Imprimer

    Envoyer à un ami

    Commenter (0)