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  • 10/12/2013
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L’histoire du tissage de tapis à Kermãn

patehdouzi

   Kermãn est une province située dans les zones centrales et arides de l’Iran. Bien que des chaînes de montagnes se trouvent au nord-ouest de cette province, aucune rivière abondante ne coule dans cette région.

Ce manque en eau et la présence de vastes zones montagneuses arides, incultivables et ensablées ont conduit la plupart des gens de cette contrée à se tourner, vers l’industrie du tissage de tapis au lieu de l’agriculture.

   Cette région du pays a été considérée depuis longtemps comme l’un des centres les plus importants du tissage de tapis. L’histoire du tissage de tapis à Kermãn remonte à plusieurs siècles et est antérieure à l’ère des Safavides. Un morceau d’un grand tapis exposé au musée de l’Imam Ridhã, conservé depuis cinq cents ans, est le témoignage visible d’au moins cinq siècles d’expérience de tissage des tapis à nœuds de Kermãn.

   Les modes et la qualité de tissage de ces tapis ont connu bien des hauts et des bas. Cet art a connu son apogée durant la période safavide. Il est ainsi fort possible que l’art du tissage de tapis à Kermãn soit arrivé à maturation grâce à leur soutien direct. Nous trouvons également évoquée la renommée des tapis de Kermãn dans l’œuvre écrite d’Eskandar Khãn-e Monshi, le secrétaire de Shãh Abbãs le grand, ainsi que dans celles de Jean Chardin, qui voyagea en Iran dans les années 1666 et 1672.

Le déclin du tissage du tapis de Kermãn commença sous la dynastie des Qãjãrs, c’est-à-dire au début du règne d’Aghã Mohammad Khãn. En raison de l’aide que les habitants de Kermãn avaient apportée à Lotf-‘Ali Khãn, dernier de la lignée des Zand, il massacra la quasi-totalité de la population de cette ville.

   Il ressort des sources historiques qu’à cette époque, Kermãn produisait avant tout du textile et non des tapis, de sorte qu’au milieu de la période qãjãr, Kermãn était l’un des centres de production de textile le plus important et le plus grand, surtout dans le domaine des tissus de soie. Parmi les productions de l’époque, nous pouvons citer les écharpes en laine, les tissus canevas simples; et une sorte de broderie nommée patehdouzi.

   Avec la Révolution industrielle en Europe et l’exportation de textiles ainsi que des machines permettant de les produire de façon industrielle en l’Iran, la production de textiles faits à la main connut une baisse importante, ce qui conduit à une revalorisation de l’art du tissage de tapis dans la région. Autrement dit, l’épopée de la révolution industrielle en Europe entraîna aussi de façon indirecte une nouvelle ère de développement du tapis de Kermãn.

Cette situation a conduit certains à affirmer que le véritable métier de tissage de tapis à Kermãn n’a commencé qu’à partir du XIXe siècle, avec les efforts des commerçants de Tabriz.

   Voyant que la production de la région de Tabriz n’était pas suffisante pour l’exportation vers les pays européens via Tabriz et la Turquie, ces derniers décidèrent de créer de multiples ateliers de tissage, ouvrant ainsi une ère brillante dans l’art du tissage de tapis au sein de cette région. Plus tard, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la crise économique et la récession de 1929 conduisirent à un arrêt soudain des exportations vers l’étranger. Les commandes diminuèrent, ralentissant ainsi le développement du commerce des tapis de Kermãn.

Malgré la fin de la crise en Europe, les entreprises étrangères ne reprirent pas leur commerce comme il l’était antérieurement. Et si le tapis de Kermãn perdit ensuite peu à peu de sa gloire d’autrefois, les habitants de Kermãn ont su préserver les acquis du passé et maintenir les caractéristiques particulières de ce métier.

Source: Teheran.ir

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