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Chiites d’Irak: l’autorité des autorités ottomanes dans la seconde moitié du 19ème siècle

irak

   Après l’élimination des Mamelouks, de nombreux walis ottomans ont cherché à restaurer l’autorité du gouvernement sur les villes saintes semi autonomes. En 1843, Najib Pasha investit Karbalã et en 1852, Namiq Pasha essaya de soumettre Najaf. Cependant, après cette date, les Ottomans ne cherchèrent plus à s’emparer des villes saintes, reconnaissant ainsi tacitement le statut particulier de ces villes. L’indépendance financière des chiites de Najaf et Karbalã les encourageait à avoir une politique d’autonomie, et la faiblesse de l’administration ottomane empêchait les autorités de changer cette situation 1.

Les pèlerinages croissants ainsi qu’un meilleur approvisionnement en eau ont fourni les moyens matériels et financiers aux lieux saints qui pourront devenir de véritables institutions d’apprentissage.

   En outre, la réémergence de la doctrine usuli a fourni aux oulémas les instruments doctrinaux nécessaires pour jouer un rôle religieux et communal plus actif. C’est dans ce contexte que les deux villes saintes se sont imposées tout au long du dix-neuvième siècle comme les deux plus importants centres de formation chiites 2.

Najaf est réellement devenue, au fil du temps, une «ville-université», où l’économie et la société s’organisaient autour du pèlerinage et de la formation.

   A travers cette combinaison de lieux de pèlerinage, de formation et de commerce, cette ville est apparue comme le coeur du monde chiite, attirant jusqu'à elle des visiteurs et des étudiants de provenances très diverses. Elle s’est distinguée au 18ème siècle très particulièrement, lorsqu’elle est devenue un centre international pour l’étude critique des textes sacrés (ijtihad) par une élite de oulémas – les savants en religion, ou mujtahids. En effet, entre le 12ème siècle et la fin du 18ème siècle, le principal centre religieux chiite s’était déplacé de Hilla à Karbalã, puis à Najaf qui, avec le 19ème siècle, occupera la première place et représentera la capitale du chiisme.

Notes:

1. Pierre-Jean Luizard, La formation de l’Iraq contemporain: le rôle politique des oulémas chiites à la fin de la domination ottomane et au moment de la création de l’Etat irakien, CNRS Editions, 2002, p.206

2. M. Litvak, Shi’i scholars of nineteenth-century Iraq: The ‘ulama’ of Najaf and Karbalã’, pp. 17-18

Source: Barah Mikhail, La question de la Marja’iyya chiite, Paris: IRIS, 2005

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