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  • 25/11/2008
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Omar Khayyãm (1)

omar khayyãm

Par Gilbert Lazard

   Curieux destin que celui de ce poète. Omar Khayyãm jouit en son temps d’une grande renommée de mathématicien, d’astronome et de philosophe, mais les robãï ou quatrains qui font aujourd’hui sa gloire furent totalement ignorés de ses contemporains.

   Né sans doute entre 1030 et 1040, il appartient à la lignée des grands savants qui, du IXe au XIe siècle, firent de l’Orient musulman la terre de prédilection des sciences et de la pensée. Avicenne et Biruni achevaient leur vie à peu près au moment où commençait la sienne.

Il fut grandement considéré et honoré par le sultan Seldjoukide et par son vizir et nommé par eux en 1074 à la tête de l’équipe d’astronomes chargée d’élaborer une importante réforme du calendrier.

   Après sa mort en 1123, son nom est mentionné avec respect par nombre d’écrivains persans et arabes: «successeur d’Avicenne», «maître sans pareil dans toutes les branches de la philosophie naturelle, des mathématiques, de la logique et de la métaphysique», les témoignages d’admiration ne manquent pas. Des anecdotes, moins sérieuses, lui attribuent, en tant qu’astrologue (car astronomie et astrologie, pour le sens commun, ne se distinguaient pas), de merveilleuses prédictions. La plus jolie se trouve dans les Quatre discours de Nezãmi Arouzi, qui dit l’avoir personnellement rencontré à Balkh en 1112. Le maître lui aurait alors prédit que sa sépulture serait telle que, à chaque printemps, le vent du nord le couvrirait de fleurs. Vingt ans plus tard, visitant la tombe de Khayyãm à Nishãpour, Arouzi la trouva jonchée de fleurs répandues par des poiriers et des abricotiers dont les branches dépassaient le mur d’un jardin voisin.

Dans tout cela pas un mot des quatrains. Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle qu’on en trouve quelques-uns, cités sporadiquement dans des ouvrages de doctrine ou d’histoire.

   Et le premier recueil, un manuscrit conservé à la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford, qui en contient cent cinquante-huit, date de 1460, près de deux siècles et demi après la mort de l’astronome-poète.

les quatrains d’omar khayyãm

   Cette situation exceptionnelle, à la réflexion, n’est pas tellement surprenante, considérant l’inspiration des quatrains Khayyãmiens. L’époque où vécut notre homme n’était guère favorable à la libre pensée. Après l’épanouissement intellectuel et les ardentes discussions philosophiques des siècles précédents, l’orthodoxie religieuse s’était établie pesamment, soutenue par le pouvoir politique.

Si la pensée de Khayyãm était bien celle que nous croyons reconnaître dans les quatrains, on comprend qu’il ne leur ait pas donné de publicité: c’eût été bien imprudent.

   Khayyãm a d’ailleurs laissé le souvenir d’un maître peu porté à exposer ses idées: son œuvre écrite, quelques traités scientifiques et de courts textes philosophiques qui ne sont que des réponses à des questions qu’on lui posait, n’est pas très abondante. On imagine qu’il ne se confiait, en prose ou en vers, qu’à un petit nombre d’amis proches.

(A suivre...)

Source: KHAYYAM Omar, Quatrains d’Omar Khayyãm, Traduit par Lazard, éd. Iraniansociety, Téhéran, 2006

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