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  • 4/2/2009
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Omar Khayyãm (2)

omar khayyam

Par Gilbert Lazard

   Le robãï n’appartient d’ailleurs pas au répertoire des grands genres de la poésie persane. C’est une forme familière, souvent pratiquée par des amateurs, au gré des circonstances, dans un cercle d’intimes. Rien d’étonnant si les quatrains d’Omar Khayyãm sont restés dans ses papiers personnels et dans ceux de ses amis, et n’ont connu de diffusion que longtemps après eux.

   Ils ont pourtant subi de curieux avatars. Un biographe du XIIIe siècle nous explique que les soufis, c’est-à-dire les mystiques musulmans, qui, pour mieux mettre en valeur le sentiment religieux sincère, se plaisent à tourner en dérision les pratiques de dévotion, trouvèrent à leur goût certains des poèmes de Khayyãm: «ils les interprétèrent selon leur système et les employèrent dans leurs cérémonies. Ils ne se rendaient pas compte, continue cet auteur, qu’il n’y a là pour notre sainte religion, sous une apparence séduisante, que serpents venimeux et combinaisons nourries par l’esprit de malice.»

De fait, dès les plus anciens recueils, les quatrains agnostiques se trouvent mêlés à d’autres d’inspiration indubitablement mystique.

   Avec le temps ceux-ci se multiplièrent. D’autres encore s’y ajoutèrent, car ces petits poèmes se déplacent facilement. Le recueil Khayyãmien, une fois constitué, a attiré à lui des œuvres d’autres poètes: on a dénombré plus d’une centaine de ces «quatrains errants», c’est-à-dire figurant à la fois parmi ceux attribués à Khayyãm et dans les «divans» d’autres auteurs.

le mausolée d’omar khayyam

    Le résultat est que les recueils les plus récents, qui sont aussi les plus volumineux, n’offrent plus qu’un salmigondis où se côtoient les inspirations les plus diverses et les idées les plus contradictoires.

C’est ce pot-pourri qui fut présenté au public par la première traduction française, celle de J.-B. Nicolas (1867), qui comprend quatre cent soixante-quatre robãï.

   Quelques années plus tôt (1859), malgré les libertés qu’il prenait avec le texte persan, Fitzgerald, guidé par son intuition de poète, avait offert au public anglais une image d’Omar Khayyãm bien plus proche de celle sur laquelle les spécialistes d’aujourd’hui s’accordent plus ou moins.

Source: KHAYYAM Omar, Quatrains d’Omar Khayyãm, Traduit par Lazard, éd. Iraniansociety, Téhéran, 2006

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