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La philosophie de la médecine d’Avicenne (2)

ibn sina

   Le corps humain est avant tout force vitale. Cette force vitale s’exprime dans la modulation des humeurs qui donnent naissance aux divers tempéraments. Le Canon accorde une grande place théorique et pratique à cette question, puisque l’évolution de toute maladie dépend aussi du tempérament, qui est pour ainsi dire à la jonction de la psyché et du corps.

Quand Ibn Sinã  parle de psyché, il n’entend pas seulement par là l’expression de l’esprit au niveau intellectuel et cognitif, mais bien l’expression des émotions au niveau du corps, l’incarnation des émotions et des désirs au niveau du corps et des organes.

   De même qu’il y a quatre éléments dans la nature, il y a quatre tempéraments fondamentaux: tempérament chaud, tempérament froid, tempérament humide, tempérament sec, lesquels se combinant entre eux donnent naissance à quatre types supplémentaires: tempérament chaud et sec, tempérament chaud et humide, tempérament froid et sec, tempérament froid et humide.

   Chez l’homme en bonne santé, le tempérament est dit équilibré, c’est-à-dire que les contraires sont en équilibre. Ibn Sinã, comme les autres médecins musulmans, les médecins grecs de l’Antiquité tels Alcméon de Crotone considèrent toute maladie comme étant due à la destruction de cet équilibre, à cause de l’excès de l’une ou l’autre qualité, pour une raison ou pour une autre. Le traitement de la maladie est en conséquence une tentative de rééquilibrer l’harmonie entre les contraires.

ibn sina

   Les organes expriment la force vitale de l’homme. Mais il ne s’agit pas de considérer chaque organe isolément. De même que chaque homme est au centre d’un système relationnel qui le lie aux autres et au cosmos, de même chaque organe se projette dans le corps entier. Ainsi le cœur n’est pas seulement pour Ibn Sinã  l’organe circonscrit et décrit par l’anatomie. Mais il fait partie de cette force vitale installée dans le corps, avec tout son système: les vaisseaux, le sang, le système nerveux autonome avec l’hypothalamus dont le fonctionnement s’étend au corps tout entier. Le cœur se projette donc dans le corps tout entier et il n’est lui-même rien d’autre que la projection de la force vitale dans le corps.

Dans la médecine d’Ibn Sinã, le souffle joue également un rôle central, car il est le lien entre le monde physique, psychique et spirituel. En principe, il n’y a qu’un seul souffle, tout comme à l’origine il n’y avait qu’un seul "membre" ("membre" anticipe ici l’idée de "cellule") du corps, à partir duquel les autres "membres" ont été formés. "Il n’y a qu’un seul souffle qui rend compte de l’origine des autres; et ce souffle, selon les plus grands philosophes naît dans le cœur, passe de là dans les principaux centres du corps, restant en eux assez longtemps pour leur permettre de lui communiquer leurs principales propriétés en matière de tempérament" (Canon, livre 1).

   C’est ce souffle principal associé au cœur qui est identifié avec la force de vie elle-même et qui est comme un lien entre les aspects corporels, subtils et spirituels de l’homme. C’est le souffle de l’homme qui rend possible l’équilibre parfait des éléments dans l’homme, condition nécessaire pour l’épanouissement de l’homme, cet épanouissement de l’homme dans ses multiples dimensions et potentialités qui est pour Ibn Sinã  le but ultime de la médecine comme sagesse et art de vivre.

Source: Stehly.chez-alice.fr

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