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  • 24/11/2009
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Le Toranj

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   Le nom "Toranj" vient du cédrat, fruit proche du citron, et compte parmi les plus anciens motifs de décoration de l’art Islamique et Iranien. Ce modèle de composition sert notamment à décorer les couvertures de livres ainsi qu’à illustrer leurs pages. Il est également très utilisé dans l’ornementation du Coran. On trouve également ce motif de façon répétitive sur les tapis et de nombreux autres objets décoratifs. Le Toranj est habituellement représenté sous forme de losange. Cependant, les variations sont multiples: ses traits sont parfois arrondis ou prennent une forme carrée, évoquant tour à tour soit les étoiles, le soleil, ou encore certaines fleurs. Ce motif apparaît souvent au centre ou au milieu de l’objet qu’il décore, et toutes sortes de fleurs, de feuillage ou bien d’animaux sont soigneusement et harmonieusement peints à l’intérieur du Toranj.

Cependant, lorsqu’il s’agit d’ouvrages Islamiques ou du Coran, il est de coutume que l’intérieur du Toranj soit orné de Versets Coraniques ou de Hadiths Prophétiques. En outre, on rajoute parfois deux motifs symétriques à ses extrémités appelés "Sar Toranj". De nombreux autres motifs existent également.

   On ignore la forme initiale et l’origine exacte de ce modèle de composition que certains comparent au soleil et d’autres aux hôwzs, ces bassins traditionnels que l’on trouve dans les cours des vieilles maisons. Certains pensent que suite aux avancées architecturales, la forme du bassin a été modifiée et à favorisé l’apparition de figures losangées, octogonales, etc. D’autres ont attribué l’origine de ce motif à un Hadith du Prophète Mohammad (p.s) qui avait qualifié d’"Atrojan" - qui signifie cédrat en arabe - un fidèle adepte du Coran. Lingz choisit le mot "Chojaïré" pour évoquer ce fruit, pour lui symbole du "Chajarey-e Tayébé présent dans les marges des plus anciennes pages calligraphiées du Coran.

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   Les représentations du Toranj tracées sur les pages du Coran, au centre des tapis de prière, dans des lieux sacrés tels que la mosquée de Sheikh Lotfollãh d’Isfahãn ou encore celle de Ghavãmeddin en Egypte, nous amènent à croire que cette forme de représentation artistique avait, pour les musulmans, un sens essentiellement religieux.

Du XIe au XIIIe siècle, le Toranj devint, dans la plupart des pays musulmans, le principal motif ornemental du Coran. C’est à cette époque que les décorations dépassèrent les marges et que l’on trouva bientôt des Corans dont les Toranj s’étendaient parfois jusqu’au milieu des pages. Un des plus beaux exemples de ce motif est visible dans une édition du Coran datant du XIe siècle et soigneusement préservée à la bibliothèque Chesterbeyti de Dublin.

Les Iraniens connaissent le cédrat depuis longtemps et l’ont utilisé dans de nombreuses représentations. Ce motif est en effet visible sur les vêtements d’anciens rois Perses. En Iran, c’est à partir de l’époque Timouride que l’utilisation du Toranj, qui servait d’illustration aux couvertures des livres, prit son ampleur. Durant les époques Safavide et Qãjãr, les enlumineurs créèrent de magnifiques représentations du Toranj. Au Xe siècle, des sceaux en forme d’œufs furent inventés et largement utilisé pour décorer les couvertures des livres. S’inspirant des artistes Iraniens, l’Inde et l’Egypte ornèrent également les pages de nombreux ouvrages de Toranj.

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   Le Toranj est l’un des principaux motifs des tapis Persans, notamment ceux de Tabriz. En outre, le tapis d’Ardebil - plus connu sous le nom de "Tapis de Sheikh Safi" - et le Tapis Chelssi sont ornés de Toranj. Le tapis "Moj-e Daryã" (vague de l’océan) est exposé dans un musée à Vienne, est également orné de Toranj.

Représentant le cédrat dans toutes ses formes et le compilant avec d’autres motifs, les Iraniens ont créés des nouvelles formes: on peut ainsi évoquer le "Toranj Tou Dar Tou" (sorte d’emboîtement des motifs), "Toranj Dasst-e Gol" (bouquet de fleurs), le "Toranj Shãh Abbãssi", et etc.

   Enfin, les formes géométriques et les dimensions du Toranj demeurent intimement liées à l’artiste qui leur donne vie: on compte ainsi autant de formes différentes de Toranj que d’artistes. De même, ses motifs varient sensiblement selon les ethnies et les régions. A partir du XIVe siècle, le Toranj servit en Iran à la décoration des tissus. Cette mode se répandit et l’on peut retrouver aujourd’hui des étoffes andalouses et égyptiennes ornées de ce motif Iranien.

Source: Teheran.ir

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