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  • 14/11/2009
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Les conditions requises chez le commentateur Coranique

Par Mohammad Bãqir Al-Sadr

le martyr mohammad baqir al-sadr dieu ait son âme

   La pratique du commentaire coranique, en tant que science, requiert la présence de nombreuses conditions chez le commentateur, sans lesquelles la recherche coranique ne pourrait aboutir et le commentateur ne pourrait réussir. Nous pouvons résumer ces conditions aux quatre questions suivantes:

   1. Le commentateur doit étudier le Coran avec une conscience Islamique: dans le cadre du contexte islamique de la pensée, le commentateur doit toujours faire reposer sa réflexion sur le fondement selon lequel le Coran est un livre divin, descendu pour la guidance des gens et la construction d’une humanité de la meilleure façon possible, sans se soumettre aux facteurs, aux circonstances et aux influences auxquels se soumet la production humaine  dans divers domaines de la connaissance humaine; ce fondement est le seul fondement permettant de comprendre le saint Coran et de commenter ses apparences de façon exacte.

a. Quant à la reconnaissance par le saint Coran de certaines coutumes ou habitudes prévalant parmi les arabes d’avant l’apparition de la lumière du message nouveau (…), il n’est pas nécessaire que le livre de guidance réprouve absolument la situation d’avant le message car il peut se trouver des pratiques anciennes conformes à la nature innée et issues d’une expérience acceptable et il est normal que le Coran accepte certaines de ces pratiques, tout en en rejetant la plupart dans la mise en place de ce grand changement; et quand même il confirmerait certaines coutumes, le Coran le fait dans le cadre de son contexte spécifique en le reliant avec son fondement idéologique et l’extirpe de l’Epoque de l’Ignorance et de ses racines.

      b. Quant au caractère progressif du Coran sur la législation, certains imaginent sur la base de la règle erronée prônant l’humanité du Coran que cette progressivité est liée à la nature de l’opération de construction législative pratiquée par le Coran, car le Coran n’est pas descendu pour être un livre scientifique étudié seulement par les scientifiques; il est descendu pour changer l’humanité et sa rénovation sur de meilleurs fondements et cette opération de rénovation exige cette progressivité.

      c. Nous trouvons dans le saint Coran beaucoup de législations et de concepts civilisationnels  (mafahim hazariyya), qui se retrouvent déjà dans d’autres législations célestes comme le judaïsme et le christianisme. Ceux qui étudient le Coran sur la base de ce fondement erroné pourraient s’imaginer que le Saint Coran est sous l’influence de ces religions, qui se reflète sur le texte coranique. Mais la réalité sur la base du concept correct est que le Coran représente l’Islam comme le prolongement des messages célestes. Il est naturel que ce dernier message englobe ce que contiennent les messages divins précédents et en abroge les aspects qui ne se conforment pas avec les progrès psychologiques et sociaux du niveau de progrès atteint par l’humanité au plan général, car la source de tous ces messages est une même chose et c’est Dieu pureté à Lui.

En particulier quand nous prenons en considération la conviction de l’Islam dans l’unité au niveau de la source des messages et son insistance à cet égard.

   2. la salubrité de la règle fondamentale de compréhension du Coran qui doit prédominer chez le commentateur assure le contenu élevé sur l’information sur la langue arabe et sa structure car le Coran s’exprime selon la structure de cette langue et tant que nous n’avons pas une image de cette structure générale de la langue arabe, nous ne pouvons pas maîtriser les significations du Coran : le commentateur a besoin d’apprendre la grammaire, la conjugaison, le vocabulaire, l’éloquence et d’autres sciences touchant la langue arabe ; et la nécessité de chacune de ces sciences varie selon les aspects que le commentateur veut aborder du saint Coran et quand il veut étudier la jurisprudence du Coran par exemple, il n’a pas besoin d’approfondir les secrets de la langue arabe  au niveau requis par le commentateur pour étudier la technique narrative du Coran ou sa technique métaphorique

   3. le commentateur doit s’essayer au plus haut degré de fusionnement complet dans le Coran dans son commentaire, et nous entendons par fusionnement dans le Coran l’étude du texte coranique et de son sens en s’inspirant sans contrainte apriorique imposée par une orientation qui ne s’inspire pas du Coran comme le font les partisans d’écoles de pensée, en essayant dans leur commentaire de soumettre le texte coranique à leur conviction théologique, et ils n’étudient pas le texte pour découvrir son orientation propre, mais lui imposent plutôt leur propre orientation idéologique; ils essayent de le comprendre toujours selon leur cadre intellectuel particulier. Cela fait partie des conditions les plus importantes chez le commentateur que d’être d’une liberté d’esprit du plus haut degré, lui permettant de fusionner avec le Coran et sa confirmation en tant que règle en vue de formaliser tout contexte idéologique, à la place d’une compréhension idéologique spécifique comme règle de compréhension du Coran.

4. Enfin, le commentateur doit suivre une méthode générale de commentaire, qui l’oriente dans son effort de commentaire et lui donne des moyens de démonstration à utiliser, justifie la portée de l’utilisation de l’apparence de la parole (zuhur al-kalam)  et de la tradition, des procès-verbaux uniques, les indices rationnels dans le commentaire du texte coranique; car chacun de ces points repose sur un fondement scientifique; le foisonnement d’avis fait qu’on ne peut pas pratiquer le commentaire sans étudier ces fondements de façon précise, et la production d’une opinion particulière à partir de cette étude qui constitue la méthode générale du commentateur utilisée dans le commentaire. Et quand ces fondements sont reliés aux aspects de ces principes, de la théologie et de la science des transmetteurs (ilm Al-Rijãl), il incombe au commentateur de mettre en place sa méthode dans son étude de ces fondements et d’avoir une maîtrise complète de ces sciences.   

Source: Mohammad Bãqir Al-Sadr, Al-madrasa al-quraniyya, Qom: Centre de recherche spécialisé sur le Martyr Sadr, 2005, PP.308-312

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