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  • 16/3/2010
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Le développement de la langue persane à l’époque Seljoukide

   Il s’agit d’un extrait d’article écrit par Mahnãz Rezãï  publié dans la Revue de Téhéran n°51 datée de février 2010.

   La langue persane se développa considérablement à l’époque Seljoukide durant laquelle les rois Seljoukides, les aristocrates et les riches commerçants encouragèrent considérablement les écrivains et poètes.

La présence de savants courtisans était considérée alors comme l’une des marques de la supériorité d’une cour.

   Suite aux conquêtes des Seljoukides et des Ghaznévides, le persan se propagea depuis la Transoxiane jusqu’à la Méditerranée, la Mésopotamie, le subcontinent indien, en particulier la région du Panjãb qui fut le berceau de nombreux grands poètes.

Les centres littéraires ne se limitaient plus à l’est du pays. Dans les autres régions comme l’Irak persan et l’Āzarbāyjān, d’importants centres littéraires, qui encouragèrent l’apparition d’une nouvelle génération de poètes et d’écrivains, furent fondés.

   La révolution intellectuelle provoquée au début du XIe siècle par les Mo’tazilites ou des savants comme Al-Birūni, Avicenne et ses élèves, qui ont révolutionné la science et le langage scientifique persan, continua de se poursuivre avec plus de rigueur à cette époque et de nombreux ouvrages scientifiques furent rédigés en persan. Au cours des premières années de cette époque, la poésie et la prose persane pénétrèrent les khãnqãh et donc dans les ouvrages des Soufis.

La langue persane

A cette époque, le persan, en tant qu’une langue littéraire, se développe notamment en Irak, en Āzarbāyjān et dans d’autres régions à l’ouest, et connaît en même temps un enrichissement syntaxique et lexical important par son contact avec les langues régionales. Il faut noter également qu’à cette époque, le lexique de la langue persane continua à s’arabiser.

   L’entrée progressive de l’arabe fut un résultat logique de la situation politico-intellectuelle qui exigeait que les lettrés connaissent l’arabe et sa littérature. A cette époque, l’enseignement de deux matières était obligatoire dans les écoles: les sciences religieuses et la littérature. C’est pourquoi les doctes et se devaient de connaître l’arabe. Cette connaissance était d’ailleurs l’une des conditions nécessaires pour pouvoir exercer une fonction dans l’administration ou à la cour, en tant qu’un poète. D’autre part, la nécessité d’un vocabulaire plus étendu en poésie, les mots arabes, rythmés et synonymes des mots persans, étaient utiles, surtout pour la rime. Cette situation ne concernait pas seulement l’utilisation du vocabulaire arabe, mais aussi de sa grammaire.

statue de khaqani

   Le persan de cette époque est très différent de celui des siècles précédents. C’est une langue qui a subi une importante évolution et qui en entame une autre à partir de la première moitié du XIIe siècle, en particulier sous l’influence du langage littéraire.

   Il faut également citer l’influence de la langue turque sur le persan. Les XI et XIIe siècles furent marqués par l’attaque et le règne des turcs de l’Asie centrale en Iran, qui entraînèrent l’immigration de certaines tribus turcomanes en Iran.

Au début du XIe siècle, des tribus turkmènes s’installèrent en Transoxiane et dans le nord du Khorãssãn, ainsi qu’à Rey. Cette vague d’immigration continua jusqu’au XIIe siècle et par ce biais, des expressions militaires et sociales turques s’introduisirent dans la langue persane. Les mots turcs sont également nombreux dans les vers des grands poètes de cette époque tels que Nezãmi et Khãqãni.

   A l’époque Seljoukide, le persan dari se développe aussi hors de l’Iran. Les Ghaznévides, qui ne parvenaient pas à étendre leur royaume plus à l’ouest, tentèrent avec succès de développer leur pouvoir à l’est et au sud-est, c’est-à-dire dans l’actuel Pakistan et une partie de l’Inde. Suite à leurs attaques, la majorité des Indiens de la région se convertirent à l’Islam. Ainsi à partir du XIe siècle, dans le Pakistan, le Panjãb et l’ouest de l’Inde, le persan devient non seulement la langue politique et militaire du subcontinent, mais également une langue de lettres tandis qu’une éminente littérature d’expression persane. Le premier représentant célèbre de cette littérature irano-indienne fut Massoud Ibn Sa’ad de Lahour, qui vécut au XIVe siècle.

   Le persan était la langue officielle de la cour des Seljoukides. Les Etats soumis en Asie mineure et dans le Croissant vert contribuèrent également au développement du persan dans leur royaume. C’est ainsi que vers la fin du XIIe siècle et durant tout le XIIIe siècle, de grands écrivains d’expression persane de l’Asie mineure enrichirent également la littérature Iranienne.

nezami

   A cette époque, le persan ne se développa pas uniquement à l’extérieur du territoire proprement Iranien, mais aussi à l’intérieur même de l’Iran où il commença à devenir la langue parlée par les Iraniens. Les premières régions où le dari pénétra furent Gorgãn, Ghoumess (le Damqãn actuel) et Rey. Le premier poète de Ghoumess fut Manoutchehri Dãmqãni, qui vécut au XIe siècle.

C’est à partir de l’ère Seljoukide (XIIe siècle) que les poètes provinciaux commencent à imiter les poètes de l’est. Ainsi, l’Āzarbāyjān dont la langue était l’azéri (l’azéri de l’époque était un dialecte purement Iranien, contrairement à l’azéri actuel, qui est turc), devint un centre important pour le persan dari.

   Alors que le Khorãssãn voyait une crise provoquée par l’attaque Seljoukide, l’un des grands poètes du Khorãssãn, Toussi, quitta Toûs pour l’Āzarbāyjān où il vécut jusqu’à sa mort. Il y écrivit son dictionnaire (Mots persans), consacré à l’explication des termes dari. Dans la préface de ce dictionnaire, il précise: "J’ai vu de grands poètes en Āzarbāyjān qui connaissaient mal le persan, c’est pourquoi j’ai décidé d’écrire ce livre".

   Alors que la nouvelle école littéraire persane était en train de se former et de se développer en Āzarbāyjān, préparant l’avènement de la seconde grande historique littéraire Iranienne, dans les autres régions de l’Iran, comme Fãrs. Ainsi, aux XIe et XIIe siècles, le persan dari qui était autrefois limité aux régions de l’orient, fut utilisé par des autres poètes.

Source: Teheran.ir

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