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  • 11/11/2010
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Les buts de guerre

la première guerre mondiale

   La question des buts de guerre constitue l’enjeu essentiel de la diplomatie secrète conduite au long du conflit. Ils ne seront rendus publics que tardivement, sous la pression des opinions publiques, qui exigent des justifications plus précises des sacrifices imposés, et surtout lorsque Wilson, en décembre 1916, demande aux belligérants d’afficher «franchement» leurs objectifs.

  Mais, en dehors de quelques exigences non négociables comme la récupération de l’Alsace-Lorraine pour la France, ou la vassalisation de la Belgique pour l’Allemagne, les buts de guerre évoluent au gré des rapports de forces entre ennemis et des dissensions entre alliés. Surtout, la plupart des détails en demeurèrent secrets. Par exemple, à propos de la Sarre (convoitée publiquement par le Comité des forges, groupe de pression de l’industrie lourde) et de la Rhénanie, le gouvernement français évitera toute prise de position officielle et tout débat parlementaire, bien que son intention de créer un Etat-tampon neutralisé sur la rive gauche du Rhin ait été communiquée aux Russes.

Pour Londres, la paix passe par deux exigences: la restauration de la Belgique comme Etat indépendant, et le désarmement de la marine de guerre allemande. Mais les ambitions des Britanniques sont grandes en Orient, où ils poursuivent la guerre contre les Turcs à partir de leurs bases égyptiennes et attisent, pour ce faire, le nationalisme arabe en laissant entrevoir la constitution d’un grand «royaume arabe unifié», alors que l’accord Sykes-Picot de 1916 a déjà prévu un partage de la région avec les Français.

  Pour ce qui est de la Palestine, qu’ils comptent se réserver, les Britanniques font en novembre 1917 et par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, lord Balfour, la promesse de créer un «foyer national juif». Enfin, du côté de l’Entente, on commence à parler en 1917 de réparations dues par l’Allemagne en dédommagement du pillage des ressources auquel elle se livre dans la France occupée et en Belgique. Dans les Balkans, les Empires centraux s’appuient sur les appétits de la Bulgarie, tandis que la France multiplie les promesses vagues de «libération» des nationalités afin d’attiser au maximum les forces centrifuges contre Vienne.  

Cependant, pour sonder leurs adversaires sur un terrain d’accord possible, les gouvernements belligérants ne dédaignent pas de susciter des médiations. La plus connue a lieu à un moment clé de la guerre: monté sur le trône en 1916, l’empereur d’Autriche, Charles Ier, par l’intermédiaire de son beau-frère, le prince Sixte de Bourbon-Parme, propose une paix séparée à la France, mais sans obtenir des Allemands qu’ils renoncent à l’Alsace-Lorraine, et sans envisager de satisfaire les revendications de l’Italie. La portée de ces initiatives est donc, en général, très limitée: les points de vue des belligérants demeurent incompatibles.

Source: Memo.fr

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