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  • 20/1/2011
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La poésie lyrique persane (3)

veisse va ramine

   Les poèmes lyriques plus longs racontant une véritable histoire sont qualifiés de "ghanãyi-dãstãni" ou "récits lyriques" tels que Veisse va Rãmine, Leili va Madjnoun, Khosrow va Shirine.

Ces histoires expriment avant tout les sentiments des amoureux, la joie de l’union, la douleur de leur séparation difficile, et décrit la beauté de l’aimée.

   Certaines parties sont également consacrées à la description de la beauté de la nature. A l’inverse des récits épiques dans lesquels le poète essaie de ne pas révéler ses propres sentiments, la poésie lyrique lui permet d’exprimer ses vœux et désirs à certains moments de l’histoire. Ainsi, en parlant de la beauté de Shirine dans Khosrow va Shirine, Nezãmi aurait été inspiré par la beauté de sa propre femme, Afãgh.

L’amour dans la poésie lyrique persane est de trois types: l’amour terrestre, (avec une bien-aimée terrestre, comme les ghazals amoureux de Sa’adi), l’amour céleste (dans la plupart des masnavis de Mowlãnã), un amour à la fois terrestre et céleste (les ghazals de Hãfiz).

   La femme admirée dans la poésie lyrique revêt le plus souvent l’apparence d’une femme-déesse. Par conséquent, pour décrire leurs attributs magiques, célestes et mythiques, le langage poétique a recourt à toutes sortes de métaphores et d’images. Ainsi dans le lyrisme, comme dans l’épopée, l’hyperbole est l’une des figures de style très présentes dans le poème. Près de quatre-vingt deux vers écrits dans une langue hyperbolique sont consacrés à la description de la beauté de Shirine par Nezãmi.

Dans la littérature lyrique-mystique, nous avons un Bien-aimé symbolique et inaccessible. Le poète évoque sa beauté ainsi que son ardent désir de se rapprocher de lui de plus en plus. Ce Bien-aimé, les mystiques l’appelle Dieu.

   Le style privilégié pour la littérature lyrique en Iran est le style irãkien du fait de sa musicalité et la tonalité plus douce des mots choisis. On n’y emploie également des mots de l’ancien persan, même si les mots d’origine arabe y sont aussi très présents. La poésie lyrique est une poésie essentiellement subjective, qui évoque davantage le chagrin et l’échec que la joie et les plaisirs. Il en appelle au cœur et non à la raison. L’évocation de l’être aimé va toujours de pair avec la description de la nature, qui évoque souvent en miroir celle de la bien-aimée.

Sources:

 Arjang, Gholãmrézã, La langue et la littérature persanes, Téhéran, Ghatreh, 1385 (2004).

 Shamisa, Sirous, Les Genres littéraires, Téhéran, Ferdows, 1383 (2004).

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