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  • 11/7/2011
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Les derniers feux

palais en irak

   Avec Khosrow Ier Anushirvãn («à l’âme immortelle») (531-579), l’empire retrouve non seulement une stabilité, mais un nouveau souffle.

Un siècle avant la conquête arabe, la dynastie va connaître un ultime rayonnement sous le règne des deux Khosrow.

   Pour la Perse musulmane, tous deux vont incarner l’idéal du roi bienveillant et sage, même si la réalité fut souvent moins belle. Héritant d’un pays meurtri et troublé, Khosrow Ier répare les torts causés par Mazdak en redistribuant les richesses spoliées, en s’occupant des femmes et des enfants enlevés, en restaurant la vie économique des campagnes.

Tirant la leçon des événements passés, il redéfinit le régime fiscal en le rendant plus juste, grâce à une division précise des terres et à une meilleure adaptation de l’impôt aux classes et aux individus.

   Les arts, la littérature et la philosophie sont encouragés. A l’extérieur, il fait la paix avec Byzance, abat la puissance des Huns Hephtalites et prend le Yémen. Hormizd IV (579-590), le fils de Khosrow Ier, est renversé par un coup d’état mené par un général. Forcé de se réfugier à Byzance, Khosrow II Parviz (591-628) parvient à reconquérir le pouvoir grâce à une aide de l’empereur byzantin Maurice et en échange de l’Arménie. Son règne est demeuré célèbre pour les fastes ruineux de sa cour, et pour son mariage avec une princesse chrétienne Shirin, qui devint, sous la plume de poètes musulmans, l’un des plus beaux romans d’amour.

Ses conquêtes le mènent au nord-ouest de l’Inde puis en Arménie, en Cappadoce, en Syrie, jusqu’à Jérusalem, dont il ramène la relique la plus précieuse du Christianisme: la Vraie Croix du Christ.

   Ces succès donnent à l’empire une extension immense, mais ne parviennent pas à cacher ses problèmes intérieurs: un peuple écrasé par les impôts et le recrutement forcé de soldats, de nouvelles persécutions contre les chrétiens, un trésor dilapidé par le train de vie de la cour et les guerres. Lempereur byzantin Héraclius reprend l’Arménie, entre en Mésopotamie et arrive à Ctésiphon en Irak. En fuite, Khosrow II est assassiné. L’empire affaibli n’est plus que l’ombre de lui-même. Plusieurs rois se succèdent en quelques années: sans autorité, ils ne peuvent freiner le morcellement du pays en petits états autonomes. Yazdegerd III (632-651), le dernier roi, affronte sans succès une religion conquérante, née en Arabie, et qui va bouleverser la Perse dans sa chair et dans son âme: l’Islam.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP. 49-50..

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