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  • 20/7/2011
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Jãmi (1414-1492)  

zuleykha dans un jardin

   Né près de Khorãssãn, et mort à Hérat (aujourd’hui en Afghanistan), Jãmi est le dernier grand représentant de l’âge d’or classique de la poésie iranienne.

Il étudia notamment la littérature, la théologie, la logique et l’astronomie.

   Il entra dans la confrérie soufie Naqshbandiyya (dont il deviendra un maître) et fit des pèlerinages à La Mecque et à Mashhad. Dans le XVe s. régi par les Timourides, il participa à l’extraordinaire vie culturelle de Hérat, capitale commerciale, cité de beauté et paradis des sciences et des lettres. A la cour, il fut une autorité intellectuelle et spirituelle incontestée. Sa réputation attira l’intérêt du sultan ottoman Bayazid II et de Bãbur, le fondateur de l’Empire moghol.

Son œuvre considérable suit, sans les copier, les modèles instaurés par Nezãmi, Sa’di et Hãfiz.

   Plus didactique que narratif, son style est profondément élaboré, riche en images, novateur et original dans sa fidélité aux anciens. On lui doit notamment trois Divans, Le pays du printemps (inspiré du Golestãn de Sa’di), des commentaires sur le Coran et les hadith et des ouvrages mystiques.

   Son œuvre principale est les sept merveilles (Haft Owrang), dont la structure imite le Khamseh de Nezãmi. Il se compose de sept textes:

La chaîne d’or traite de questions éthiques, philosophiques et spirituelles. Sãlãmãn et Absãl est une histoire d’amour mystique entre un héritier royal, Sãlãmãn, et sa nourrice, Absãl.

   Le présent offert aux hommes libres et Le rosaire des hommes pieux sont des poèmes didactiques, où des discours à caractère religieux et mystique sont illustrés par des anecdotes.

   Yusuf et Zuleykhã, le plus connu des romans de Jãmi, raconte l’histoire biblique de Joseph (Yussuf), que le Coran cite à plusieurs reprises. Vendu par ses frères, le Prophète Joseph est emmené en Egypte, où il devient l’intendant de Putiphar. La femme de ce dernier, Zuleykhã dans la tradition arabo-persane, tente de le séduire. Joseph est le prototype de la beauté humaine et un symbole de l’Esprit; Zuleykhã est une figure de l’âme qui se consume jusqu’à la folie pour être finalement transfigurée par l’amour.

Une scène fut souvent représentée en peinture ou en céramique: surprises et subjuguées par la beauté de Joseph, des femmes se tailladent involontairement les mains avec le couteau qu’elles tenaient pour peler des oranges.

   Leili et Majnun est un roman d’amour. Son thème d’origine arabe (l’amour impossible de deux jeunes bédouins) avait déjà été traité par Nezãmi.

   Le livre de sagesse d’Alexandre le Grand est un poème qui poursuit cette longue tradition faisant du conquérant grec un sage en quête de la Lumière divine.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP. 201-202

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