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  • 27/7/2011
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La poésie soufie et l’âge classique 

bustan

  La poésie mystique commence à éclore au XIe s., au moment où le soufisme se répand et s’enracine de plus en plus en Iran. Indépendante des cours et de ses codes mondains, elle crée un nouveau style, moins convenu et artificiel, plus libre et profond. Elle est influencée par l’Ismaélisme, comme chez Nãsir-e Khosrow (1004-1075), ou par le soufisme, comme chez Sanã’i (mort en 1131), qui inaugure l’extraordinaire floraison des mathnawis soufis.

Lorsque les Seljoukides conquièrent l’Orient musulman au XF s., l’unification de vastes territoires favorise la diffusion de la langue persane et la création de centres littéraires, notamment à l’ouest de l’Iran. De cette période, il faut surtout citer Omar Khayyãm, savant et poète, Bãbã Tãher (XIe s.), un mystique auteur de poèmes, et Asadi (mort en 1072), auteur notamment d’un dictionnaire poétique en persan et d’un très beau poème épique.

   Les deux siècles suivants sont un âge d’or de la poésie mystique. Les poèmes de Attãr, Nezãmi, Rumi, Sa’adi sont un florilège de contes, d’anecdotes, de chants et d’exhortations. On y rencontre les figures du Coran et de la Bible, mais aussi des récits populaires, l’hermétisme, l’alchimie, l’astrologie, l’Inde, la Chine.

En chantant une sagesse contemplative et les mystères divins, le soufisme a enrichi la symbolique et approfondi les ressources de la langue.

   Simple ou raffiné, son style est un univers de références et d’interprétations à multiples dimensions. Compréhensible par la spiritualité plus que par l’érudition, il emploie un grand nombre de symboles dont l’apparence profane et même scandaleuse dissimule une signification mystique: le vin (symbole de l’amour divin ou de la connaissance spirituelle), l’échanson (le maître spirituel), la taverne (la confrérie ou le centre spirituel), la coupe (le cur qui reçoit le vin de l’amour).

   Plusieurs poètes s’illustrèrent également dans les cours: Anvari (1126-1190), un panégyriste qui vécut auprès du sultan Sanjar au Khorãssãn, Jamãl d’Esfahãn (mort en 1192), qui fut également orfèvre et peintre, et Khãqãni (1121-1199), un poète remarquable qui nous laissa, en vers, le premier récit de voyage à La Mecque.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP.184-185

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