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  • 1/8/2011
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Les arts de l’Islam 

minaret de la mosquée meydan

  Deux faits exceptionnels ont marqué la naissance de l’art islamique: d’abord, la rapidité avec laquelle son esthétique s’est formée, quelques décennies seulement après la mort du Prophète; ensuite, malgré les divisions politiques, religieuses et ethniques de la communauté musulmane, l’unité et la pérennité de ses principes décoratifs et de ses symboles, qui commandent aujourd’hui encore ses innovations comme ses traditions.

L’art islamique est à la fois varié et homogène: de l’Espagne musulmane à l’Inde du Nord, on retrouve les mêmes symboles et les mêmes options esthétiques fondamentales, mais déclinées dans une constellation de styles, d’interprétations et de filiations.

   Dès l’installation de l’Islam dans les pays conquis, ce sont les rois et les cours qui ont favorisé le développement des arts, par leur désir de rayonnement, leur goût du luxe et de raffinement. De là une division de l’histoire de l’art islamique en périodes dynastiques (arts omeyyade, seljoukide, safavide, etc.), qui souligne l’apport de chaque famille régnante à la créativité et à l’art de vivre.

Au sein des arts de l’Islam, trois ethnies principales ont marqué à divers titres les cultures et leur histoire: le monde persan a surtout influencé l’Asie centrale, l’Afghanistan et l’Inde du Nord, alors que la culture arabe domine au Maghreb et au Proche-Orient et les peuples turcs l’Asie centrale et l’Asie mineure.

   La Perse a très vite forgé une esthétique originale, qui mêle à l’impulsion de l’Islam l’héritage des Sassanides et une profonde identité culturelle. Si l’art arabe ou turc est parfois austère, martial et intériorisé, l’art persan incline à une élégance raffinée, au lyrisme, à une symbolique mystique et à une forme de splendeur contemplative.

Contrairement au reste du monde musulman, le monde persan a coloré les édifices par des symphonies de céramiques émaillées.

   La culture arabe a été généralement réfractaire à l’image figurative, et c’est en Perse qu’un art du livre illustré et la peinture murale vont connaître leur plus grand développement. Le génie poétique et mystique des Iraniens a produit une poésie spirituelle sans équivalent dans la littérature musulmane et même mondiale. Si l’arrivée de l’Islam marque un tournant dans son histoire, la Perse n’a jamais oublié ses racines lointaines. L’architecture montre au mieux comment elle a changé de religion sans renier l’esthétique préislamique: avec leurs salles à coupole, les mosquées ressemblent à des temples du feu transformés.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP.129-130

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