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  • 1/8/2011
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L’art islamique iranien

minaret de la mosquéedu vendred

   Pas plus qu’un autre art, l’esthétique musulmane n’a surgi du néant, d’autant que les Arabes étaient dépourvus de grande culture sédentaire. Ses premières influences viennent des contrées conquises par les musulmans: le Proche-Orient byzantin et la Perse sassanide, principalement.

Première dynastie régnante, les Omeyyades patronnent une architecture et un art citadin fortement influencés par l’Antiquité grecque et romaine, Byzance, la Perse sassanide.

   Si cette première floraison artistique naît dans une atmosphère arabe, la Perse ne va pas tarder à imprimer sa présence dans la littérature, la musique et les arts plastiques. En transférant leur capitale de Damas à Bagdad (VIIIe s.) et en employant des élites persanes, les califes abbassides ont ouvert la voie à une iranisation de l’art oriental.

Les uvres sãssãnides influencent l’architecture, le décor, la musique et la littérature, et le persan, parallèlement à l’arabe, devient peu à peu une langue de haute culture et de science.

   Au Xe s., une dynastie iranienne et chiite, les Bouyides, règnent à Bagdad et sur la Perse: elle sème les germes d’une civilisation iranienne qui s’épanouira le siècle suivant avec les Turcs seljoukides. A l’est, l’empire turc des Ghaznavides favorise la diffusion de la culture persane jusqu’en Inde.

Une différence de plus en plus grande apparaît alors entre l’art arabe de l’Islam méditerranéen et proche-oriental, et l’art islamique iranien du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

   Sous l’influence persane, les Seljoukides renouvellent l’art, créent une architecture inédite pour la madrasa et la mosquée, développent la construction des mausolées, inaugurent le décor architectural de céramique. Le XIe s. voit apparaître les premiers chefs-d’uvre d’une littérature en persan. Les Mongols, qui dévastent le monde oriental au XIIIe s., provoquent une coupure, mais aussi la taille radicale qui favorise une nouvelle éclosion esthétique. Sous les Timourides (XIV^XV6 s.), la culture persane brille également en Asie centrale (Samarkand) et en Afghanistan (Hérat). Des édifices plus monumentaux et élancés se couvrent de céramiques émaillées, la peinture sur livre s’épanouit de Tabriz à Hérat, les Corans se parent de décors toujours plus subtils, et une influence chinoise, apportée par les Mongols, s’installe dans les arts décoratifs. Avec les Safavides (1501-1732), l’esthétique atteint une élégance suprême, faite de clarté, de sensualité et de préciosité. Aujourd’hui encore, les architectures habillées de céramiques, les tapis aux motifs de jardins, les miniatures et les enluminures des Corans semblent un rêve réalisé. En Inde, l’Empire moghol fondé au XVIe s. est le cadre d’une culture indo-persane, qui rayonne surtout dans l’architecture, la peinture et la poésie. Le déclin vient au XVIIIe s., malgré des îlots de créativité et des chefs-d’uvre toujours possibles. Pendant la période qãjãre (1779-1925), l’art tend à s’assécher dans l’académisme ou un certain passéisme. Sous l’influence occidentale, il a pu tomber dans un éclectisme hétéroclite: le naturalisme envahit la peinture, l’architecture et son décor s’inspirent du baroque européen. Au XXe s., les Pahlavis ont conjugué un modernisme conventionnel à une esthétique empruntée à la Perse achéménide ou

sãssãnide.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP.130-131

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