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  • 17/8/2011
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L’esthétique

couverture d’un coran

   La peinture persane a illustré les grandes uvres de la littérature persane, et en particulier le Livre des rois de Ferdowsi et le Khamseh de Nezãmi. Son esthétique associe un dessin calligraphique, subtilement structuré par la géométrie, à un art somptueux de la couleur, qui donne leur véritable substance aux compositions.

Le traitement de l’espace, des couleurs et des formes n’obéit pas au naturalisme que l’Europe a connu dès la Renaissance: les personnages sont stéréotypés, l’atmosphère est idéaliste, rarement tragique, ponctuée de notations méditatives, érotiques ou humoristiques.

   Les objets et les personnages sont dessinés en plan: il n’y a pas de modelé tridimensionnel, peu de profondeur spatiale des scènes, et les quelques éléments de perspective ne suivent pas les lois géométriques en usage dans l’académisme européen. Les couleurs ne sont pas modelées par le clair-obscur et sont souvent irréalistes: un tronc d’arbre peut être en violet, des montagnes se teinter des couleurs de l’arc-en-ciel.

La lumière semble illuminer l’image de l’intérieur et les contrastes d’ombre et de lumière sont presque inexistants.

   La miniature baigne dans une sorte de climat paradisiaque et intemporel. Elle ne cherche pas à copier la réalité terrestre, mais à dévoiler un monde de l’âme, spirituel et intime; un monde intermédiaire entre les anges et notre terre, dans lequel la matière est immatérielle, l’espace multidimensionnel, les couleurs pures et la lumière spirituelle.

Art profane, aristocratique et courtois, la peinture sur livre est pourtant sous-tendue par un symbolisme soufi et une vision contemplative, qui voit au-delà du terrestre et de l’illusion des rêves.

   Comme les textes poétiques qu’elle illustre, elle déploie un art subtil de l’allusion, de la métaphore et des niveaux de lecture et de sens. Comme la musique et ses arabesques mélodiques, elle entrelace et fait dialoguer des sentiments complexes, plus ou moins explicites et cachés, terrestres et spirituels. Pour souligner la valeur symbolique de leur art, les peintres et les enlumineurs persans le faisaient remonter à Mani et à l’Imam ’Ali, dont la tradition dit qu’il avait décoré le Coran.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, P.165. 

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