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  • 5/9/2011
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La médisance

silence

   Sans doute, les sociétés contemporaines sont- elles atteintes par les perversions morales, et submergées par le flot de la corruption. Elles se sont dégradées moralement en proportion des progrès accomplis sur la voie de la garantie des moyens matériels de leur vie. Les maux s’y accroissent de jour en jour, rendant le milieu, intoxiquant et pénible.

Cherchant à fuir cette fatalité à tout prix, les gens se battent à tort et à travers et vont se réfugier dans les fanges du vice, dans l’espoir d’exorciser la douleur morale, les soucis, et l’agitation. Comment les rayons du bonheur pourraient- ils réchauffer une telle société?

   C’est à croire que certains, libérés de tout lien et de toute entrave, rivalisent à qui uvrerait le plus à hâter le pourrissement.

Au fond ils se servent à mauvais escient des moyens du progrès sans cesse innovés qu’offre la vie moderne. Bref, le matérialisme est devenu Taxe des aspirations, et le spectre effarant du vice étend son emprise funeste sur toute la société. Si au moins une partie de cette richesse innombrable dépensée dans l’égarement et la perdition, était consacrée à l’élargissement du cadre moral!

   Bien que les règles morales soient immuables et imprescriptibles par essence, elles sont cependant soumises au danger d’altération et de transformation, rendues conformes au goût du jour. Il va sans dire que tant que la vertu ne sera pas le critère de la personnalité dans une société donnée, les individus adhéreront à l’esprit du temps, et suivront tout ce qui aura reçu l’agrément de l’écrasante majorité, sans en réfléchir sur les conséquences néfastes.

   Il faut se dire que la culture et la civilisation contemporaines ne pourront pas instaurer une morale authentique, ni garantir le bonheur de la société et sa réforme.

Le célèbre savant français, le docteur Alexis Carrel dit à ce propos: «Nous avons besoin d’un monde dans lequel chacun de nous pourrait s’assurer une place convenable dans la vie, tant au plan matériel que spirituel, et apprendre à vivre. Car nous comprenons à présent, qu’il est périlleux d’emprunter le chemin de la vie sans boussole. Et il est étonnant que compte tenu de cette menace nous ne nous sommes pas encore mis à la recherche des moyens permettant une vie rationnelle.

   Et en réalité, ceux qui ont pris conscience de ce danger sont en nombre très restreint. La plupart des gens vivent en suivant leurs instincts, et demeurent dans un grand étourdissement; malgré les moyens fournis par la technologie matérialiste, et ne sont pas prêts de renoncer à ces avantages de la civilisation.

   A l’image d’un fleuve qui dévalerait ses eaux vers des lacs et des marais, les hommes suivent la pente de leurs désirs qui les fera choir finalement dans toutes les abjections, tout comme de nos jours, elle les a menés au lucre, et à la satisfaction des bas- instincts, et aux distractions.

   Les hommes se sont créés de nouveaux besoins, et prennent toutes les peines pour les satisfaire. Aux côtés de ces besoins, il est des envies plus faciles à contenter, comme la médisance, la diffamation, les sophismes...qui sont plus dangereux pour eux que l’alcool.»

L’un des fléaux sociaux que nous allons examiner ici est la médisance. Nul besoin pour nous d’en rappeler le sens lexical. Tout le monde le connaît.

Source: MOUSSAVI LARI. M, Problèmes moraux et psychologique, traduit par Nahid Chahbãzi, éd: Daftar-é-Nachr-é-Farhang-é-islãmi, Téhéran, 2003, PP.69-71.

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