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L’héritage mongol

mausolée d’uljaitu, soltaniyeh, 1307-1313

   L’épopée mongole appartient à ces phénomènes qu’il est difficile d’apprécier avec impartialité, tant ses conséquences sont contrastées. Du point de vue iranien, elle apparaît essentiellement négative.

Les massacres et la dureté du nouveau régime ont dépeuplé des régions entières, réduit des villes à des villages, brûlé des bibliothèques inestimables, détruit des témoignages artistiques, exploité les populations, entraîné une misère qui a nourri le brigandage, les guerres, e invasion e morale.

   Devant l’invasion mongole, des nomades turcs ont quitté l’Asie centrale et se sont installés en Iran, où, pour des siècles, ils ont augmenté le nomadisme de la population, durci la division entre sédentaires et semi-nomades, et freiné le développement de l’agriculture et des villes. Pourtant, le tableau n’est pas uniformément sombre, et comme toujours, l’Iran a su approfondir et redécouvrir son identité à travers l’épreuve d’une domination étrangère.

Grâce aux administrateurs persans employés par les Mongols, la culture persane a pu être préservée et s’épanouir dans des capitales comme Tabriz, Soltãniyeh et Marãgheh.

   En rétablissant une stabilité politique sur d’immenses espaces, les Mongols ont permis la diffusion de l’Islam jusqu’en Chine et le développement du commerce entre l’Occident, la Chine et l’Inde. C’est à l’époque mongole que des voyageurs comme Marco Polo, des missionnaires ou des commerçants rapportent en Europe des produits d’Extrême-Orient. Bouddhistes, chamanistes ou chrétiens convertis plus tard à l’Islam, les Mongols furent connus pour leur tolérance religieuse: le Judaïsme et le Christianisme ont vécu en paix, sunnites et chiites purent coexister de façon égale et des Ilkhãns favorisèrent même le chiisme. Si les Mongols ont progressivement adopté l’art persan, ils ont apporté en Perse une influence chinoise qui va marquer les arts décoratifs, les tapis et la miniature. Les bouleversements de 1ère mongole ont aussi provoqué un regain de spiritualité. On assiste au XIIIe s. à un développement important de la piété populaire, de la vénération des sheikhs et des ordres souris, qui forment parfois de véritables forces politiques. L’un d’eux prendra le pouvoir au XVIe s.: l’ordre safavide fondé par Safi Al-Din, un maître spirituel mort en 1334.

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP.57-58.

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