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  • 2/10/2011
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La plume d’Al-e Ahmad

écrire

      Les critiques considèrent son style comme l’aspect le plus important de sa créativité.

"Il a toujours été en guerre pour ses croyances. Son écriture vive, brève, ironique, incisive, familière, humaniste, méticuleuse, forte, précise, unilatérale et journalistique a tellement influencé la "prose nouvelle " qu’on a souvent essayé, en vain, de l’imiter. Et je crois que ce sont le romantisme européen et la plume d’Al-e Ahmad qui caractérisent notre prose littéraire d’aujourd’hui…" [1], disait Sharî’atî.

   Ainsi, "la prose d’Al-e Ahmad ressemble à son caractère changeant, vif, perspicace et pénétrant. Bien qu’elle mêle les excès aux manques et des associations d’idées à des inspirations diverses, elle est influente, unique et constructive.

Il emprunte le principe de sa parole au Coran, aux dialogues quotidiens, à la littérature [classique] en prose de Sa’adi, Nãsser Khosrow...

   Du point de vue de la technique et de la façon de créer les personnages de ses histoires, il prend comme exemple des écrivains occidentaux, car la création d’histoires a dans notre pays un passé très court et sans profondeur […] Il veut être au courant de tous les événements littéraires du monde. Par conséquent, il lit et traduit beaucoup. Cette influence étrangère se ressent d’ailleurs dans ses uvres. Il a lui-même affirmé qu’il s’était inspiré de Ferdinand Céline pour créer le personnage du Directeur d’école. Et les autres sentent dans son travail l’influence de Camus, Miler et Hemingway. Sans nul doute, Hemingway, de par son style d’écriture par phrases courtes et serrées, a influencé un grand nombre d’écrivains du monde entier…" [2].

Al-e Ahmad s’exprime à travers des phrases courtes et des expressions fragmentées et parfois entrecoupées mais claires, serrées et proches du langage parlé. Il supprime souvent les verbes et ignore les éléments grammaticaux.

   Selon Al-e Ahmad, la soumission totale aux règles grammaticales empêche la langue de progresser et de s’améliorer et limite la pensée. C’est pourquoi, il y a parfois, dans ses écrits, des manques et des erreurs concernant l’emploi des verbes, des syntaxes, des expressions, des compositions, des comparaisons… et cela surtout dans ses nouvelles. Cependant, Al-e Ahmad a un style vif, original et dynamique.

La génération à laquelle appartenait Al-e Ahmad était soumise à l’ouragan du modernisme occidental ainsi qu’à une aliénation culturelle et historique.

   Elle a ainsi failli perdre toute son identité historique et nationale. Al-e Ahmad n’était ni un politicien professionnel à la recherche du pouvoir, ni un écrivain charmant et sans responsabilité.

Il considérait sa plume comme son arme et disait: "Ces jours ci, la plume est devenue une arme pour nous… que cette main soit coupée si je ne sais pas de quelle façon utiliser cette arme."

Notes:

[1] Lãhoutî et Dehbãshî, Yãdemãn-e Jalãl Al-e Ahmad, Mo’assesseh farhanguî gostaresh-e honar, Téhéran, 1368 (1989), P.78 et 79.

 [2] Lãhoutî et Dehbãshî, ibid., P. 105 et 106.

Source: Teheran.ir

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