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La réponse de Jamãl Al-Din à Ernest Renan dans le «Journal des Débats» (1)

ernest renan

   La conférence du philosophe français Ernest Renan, à l’université de la Sorbonne, tentait de démontrer que la religion musulmane était par son essence même opposée au développement de la science métaphysique et que le peuple arabe, par nature, n’aimait ni les sciences métaphysiques, ni la philosophie.

Al-Afghãni citait dans sa réponse: «cette plante précieuse [la religion musulmane], semble dire M. Renan, se dessèche entre ses mains [des arabes] comme brûlée par le souffle du vent du désert».

   Voici les principaux passages de la réponse d’Al-Afghãni: «En songeant toutefois que la religion chrétienne a précédé de plusieurs siècles dans le monde la religion musulmane, je ne peux pas m’empêcher d’espérer que la société mahométane arrivera un jour à briser ses liens et à marcher résolument dans la voie de la civilisation à l’instar de la société occidentale pour laquelle la foi chrétienne, malgré ses rigueurs et son intolérance, n’a point été un obstacle invincible. Non, je ne peux admettre que cette espérance soit enlevée à l’Islam. Je plaide ici auprès de M. Renan, non la cause de la religion musulmane, mais celle de plusieurs centaines de millions d’hommes qui seraient ainsi condamnés à vivre dans la barbarie et l’ignorance».

«Nul n’ignore que le peuple arabe, alors qu’il était dans l’état de barbarie, s’est lancé dans la voie des progrès intellectuels et scientifiques avec une vitesse qui n’a été égalée que par la rapidité de ses conquêtes car, dans l’espace d’un siècle, il a acquis et s’est assimilé presque toutes les sciences grecques et persanes qui s’étaient développées lentement pendant des siècles sur le sol natal, comme il étendit sa domination de la presqu’île arabique jusqu’aux montagnes de l’Himalaya et au somment de Pyrénées. On peut dire que dans toute cette période les sciences firent des progrès étonnants chez les arabes et dans tous les pays soumis à leur domination. Rome et Byzance étaient alors les sièges des sciences théologiques et philosophiques ainsi que le centre lumineux et comme le foyer ardent de toutes les connaissances humaines.»

Sources:

http://afghanfrancophones.forumactif.com

Wikipedia

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