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  • 13/12/2011
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L’attitude de l’Imam ’Ali face à la résurrection contre ’Othmãn (1)

imam ali

   Lorsque l’on retrace les événements de la révolution et son acheminement jusqu’à l’assassinat du Calife ’Othmãn, on se rend compte que le peuple en révolte n’était ni insensé ni myope. Il a essayé à plusieurs reprises, à travers ses représentants, de prendre contact avec le pouvoir pour attirer l’attention de ’Othmãn sur la mauvaise conduite du régime.

Des délégations venaient, des différents coins de la nation, à Médine, pour remettre à ’Othmãn leurs revendications et lui exprimer leurs désirs. Mais leurs efforts étaient toujours vains, car souvent repoussés ou mal reçus. Mais c’est l’arrivée de la délégation égyptienne qui fera exploser la situation.

   En effet, dès que cette délégation eut quitté Médine, les autorités supérieures ont envoyé au gouverneur d’Egypte des instructions pour en arrêter les membres. Ceux-ci ont appris la nouvelle et sont revenus à Médine, renouvelant leurs revendications avec violence et plus de fermeté, dans une atmosphère de protestation et de colère. Leurs revendications comprenaient ce qui suit:

1- Appliquer le principe de la distribution égalitaire des payes, tel qu’il a été appliqué par le Prophète (P) et mettre fin à la politique de favoritisme, inaugurée par ’Omar et encore en vigueur sous ’Othmãn.

2- Épurer l’appareil gouvernemental, notamment, de Marwãn Ibn Al-Hakam et sa clique influente qui exploitait et conduisait le pouvoir.

3- S’opposer fermement aux convoitises de Quraych et à sa mainmise sur les richesses et les postes-clés, et y mettre fin.

4- Empêcher les émirs d’humilier les fidèles et de bafouer leur dignité, comme ils l’ont fait avec Abû Tharr, lorsqu’il les a défiés et leur a reproché leur conduite déviée.

5- Limiter les pouvoirs des gouverneurs et des émirs en ce qui concerne les dépenses incontrôlées des biens publics et de Kharaj (1).

   Ces revendications sont parvenues à ’Othmãn. Mais celui-ci les a complètement ignorées, laissant la situation s’aggraver. L’Imam ’Ali en a craint les conséquences. Il a pris l’initiative de rencontrer d’urgence ’Othmân et lui a dit:

«Les gens sont derrière moi. Ils m’ont parlé de toi. Je ne sais pas quoi te dire. Je ne t’apprends rien que tu ignores, ni ne t’indique rien que tu ne connais. Par Dieu, tu ne peux ni rendre la vue à quelqu’un qui est atteint de cécité, ni apprendre quoi que ce soit à un ignorant. La voie est claire et évidente»,

   et d’ajouter:

«Mu’awiya fait sans toi ce qu’il veut - et tu le sais. Il dit aux gens qu’il agit sur l’ordre de ’Othmãn. Lorsqu’on te l’apprend, tu ne lui reproches rien».

Note:

1. Sorte d’impôt islamique sur la terre.

Source: L’IMAM ’ALI, Edité et traduit par Abbas Ahmad Al-Bostani, Canada, 2000.

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