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  • 13/12/2011
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L’attitude de l’Imam ’Ali face à la résurrection contre ’Othmãn (2)

imam ali

   ’Othmãn écoutait parfois les conseils de l’Imam et décidait de faire un peu de réforme. Mais il ne tardait pas à changer d’avis invoquant différents prétextes et n’arrêtait pas un choix définitif.

Voyant l’hésitation de ’Othmãn, l’Imam lui dit: «’Othmãn ne veut pas qu’on lui donne des conseils! Il s’entoure d’une clique de tricheurs dont aucun n’a manqué de s’occuper d’un groupe de gens pour piller leur Kharaj et les humilier».

   ’Omar Ibn Al-’As ameutait publiquement les gens contre la politique de ’Othmãn, à tel point qu’il s’est décrit lui-même ainsi: «Je suis Abu ’Abdullãh. Là où je trouve une plaie, je la rouvre. Même si je rencontre un berger, je le monte contre ’Othmãn».

   ’Ayshah, elle aussi, osait s’en prendre à ’Othmãn. Dans un discours, elle a brandi la chemise du Prophète (P) et s’écria à son adresse: «Avant même que la chemise du Prophète(P) soit usée, tu as fait tomber sa Sunna(1) dans la désuétude».

Quant à Talha et Zubair, ils sont allés jusqu’à aider les révoltés financièrement pour destituer ’Othmãn. Entre temps, les masses venues de toutes parts sont devenues plus révoltées que jamais, très galvanisées, agressives et coléreuses.

   L’attitude de l’Imam ’Ali face à ces révoltés était celle d’un extincteur d’incendie. Il déployait tous ses efforts pour calmer leur colère. Othmãn s’est vu contraint de demander aux masses en révolte un délai de trois jours pour se réunir avec elles. Ce délai passé, les masses se sont rassemblées devant sa porte. Mais il n’est pas sorti lui-même à leur rencontre. Il a chargé Marwãn de s’en occuper.

   Celui-ci s’est adressé à elles par des mots insensés et un discours arrogant: «Qu’est-ce qu’il vous arrive de vous rassembler ainsi comme si vous étiez venus pour piller? Que les visages pâlissent! Pourquoi chacun s’est-il mis à chuchoter dans l’oreille de son voisin! Etes-vous venus pour confisquer notre propriété? Allez-vous-en. Par Dieu, si vous voulez nous défier, il vous arrivera ce qui ne vous plairait pas. Retournez chez vous. Par Dieu, avec ce que nous avons, nous ne serons jamais vaincus».

Cette oraison minée était comme la mèche qui allumera le feu de la révolution. ’Othmãn envoya sur-le-champ un messager pour faire venir l’Imam ’Ali. Celui-ci refusa et dit: «Je lui avais dit que je n’y retournerai plus».(2)

   Car il estima que Marwãn était allé trop loin dans sa logique qui étonna les masses rassemblées, en parlant au nom du Calife et en formulant des propos pleins de sottises et de bêtises insupportables. Il estima que sa médiation n’avait pas de sens puisqu’elle était inutile. Il était convaincu que ’Othmãn serait obligé, sous la pression des masses, d’accepter leurs revendications de réforme et d’écarter Marwãn et sa clique.

Mais rien de cela ne sera réalisé. Au contraire, tous les faits se sont transformés en indications claires de l’imminence de la révolution. Car la tragédie avait atteint son paroxysme. Et effectivement, la révolution eut lieu, conduisant à l’assassinat de ’Othmãn.

Notes:

1. "Daïrat Al-Ma’arif Al-Islamiyya Al-Shi’iya" (Le Cercle d’Etudes islamiques Chi’ites), tome II, p. 87.

2. La Sunna: la tradition, les faits, les gestes et les paroles du Prophète, qui tiennent lieu de prescriptions religieuses.

Source: L’IMAM ’ALI, Edité et traduit par Abbas Ahmad Al-Bostani, Canada, 2000.

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