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  • 18/2/2012
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Si la révolution française est terminée ?(1)

révolution française

Extension du concept de «révolution française».

   Dans un bel essai intitulé l’«Esprit de la Révolution, ou Commentaire historique sur la Langue révolutionnaire» composé en 1793, et recueilli au tome treizième de son fameux «Lycée ou Cours de Littérature Ancienne et Moderne» en dix-huit tomes, l’homme de lettres, traducteur, poète, tragédien et journaliste, qui connut et admirait Voltaire, et sut juger de son théâtre, Jean François Laharpe définit le terme de Révolution: «au figuré, signifie changement d’état. L’histoire et la politique appellent révolutions les changements remarquables qui arrivent dans le gouvernement des nations. On l’applique aussi par extension à des déplacements dans l’administration. Il ne s’agit ici que du premier sens.

Il y en eut une en France en 1789, lorsqu'après la prise de la Bastille, l’Assemblée nationale rendit au peuple cette souveraineté que les rois exerçaient depuis tant de siècles, et fit une constitution qui séparait les pouvoirs législatifs et exécutifs, émanés tous deux de cette souveraineté, et délégués pour la représenter.

   C’était en quelque sorte une imitation», continue Laharpe, «du gouvernement d’Angleterre. Il y eut une autre révolution en 1792, quand le trône fut renversé et la république proclamée. L’histoire appréciera ces deux révolutions subséquentes, qui, au moment que j’écris, ne sont encore qu’une vaste destruction, et qu’une troisième révolution aura peut-être remplacée. Je n’en observe que l’esprit. Je veux faire voir comment les choses ont été opérées, principalement par la puissance des mots, et que les choses ont été absolument sans exemple, parce que, pour la première fois, les mots ont été absolument sans raison.

On sait assez que toutes les révolutions politiques, étant des secousses plus ou moins violentes, et causant des déplacements forcés, ouvrent un développement plus libre aux facultés et aux passions humaines, habituellement restreintes et comprimées par l’ordre légal: elles acquièrent alors une nouvelle énergie, soit en bien, soit en mal, suivant la nature et le caractère de la révolution.»

Joseph Elysée

Source: www.dortiguier.fr

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