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  • 18/2/2012
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Si la révolution française est terminée ?(2)

révolution française

   Il y a une singularité de cette révolution que fait ressortir l’auteur: «…ce mot seul de révolution effraie toujours celui qui a le courage de la vouloir, si elle est nécessaire, mais qui a en même temps assez de lumières pour en juger les suites naturelles, et assez d’honnêteté pour en déplorer les malheurs inévitables.

C’est un état violent, et par cela même il doit être passager; c’est une secousse qui ébranle tout le corps politique, dont elle détend ou brise tous les ressorts; et le vœu de la raison est de le raffermir le plus tôt possible sur de nouvelles bases, et de lui assurer, en attendant les étais dont il a besoin.

   En un mot, il n’y a point de peuple qui ne soit naturellement pressé de sortir de l’état de révolution dès qu’il le peut. Mais que penser, que dire de celui qui se proclame en révolution quand il n’y est pas, qui s’établit comme à plaisir dans la privation de tout ordre légal, et travaille de toutes ses forces à s’y perpétuer, autant qu’il le pourra, comme dans son état naturel? Tel est pourtant le phénomène unique dans les annales des nations, et que la nôtre a présenté durant des années. … Et au moment où j’écris le gouvernement est encore révolutionnaire.»

La première question ouverte alors à la recherche historique, est le terme, ou selon le mot de l’avocat protestant grenoblois Barnave – qui sera guillotiné -, de «la terminaison» de cette révolution, dont chacun sait le début, mais dont l’extension du concept reste discutable parce cette révolution est idéologique, l’expression d’un tempérament plus que d’une situation déterminée, d’un nihilisme et non pas d’une profession de foi stable.

   Tocqueville écrit, près de mourir, à son ami Kergolay: «Il y a dans cette maladie de la Révolution française quelque chose de particulier que je sens sans pouvoir le bien décrire, ni en analyser les causes. C’est un virus d’une espèce nouvelle et inconnue. Il y a eu des Révolutions violentes dans le monde: mais le caractère immodéré, violent, radical, désespéré, audacieux, presque fou, et pourtant puissant et efficace de ces Révolutionnaires-ci n’a pas de précédents, ce me semble dans les grandes agitations sociales.

Joseph Elysée

Source: www.dortiguier.fr

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