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  • 18/2/2012
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Si la révolution française est terminée ?(3)

révolution française

   [….] Indépendamment de tout ce qui s’explique dans la Révolution française, il y a quelque chose d’inexpliqué.»

Un mot d’esprit de la sœur du Roi, Madame Elizabeth, du 3 avril 1791, versaillaise guillotinée âgée de 30 ans, place actuelle de la Concorde,- alors place de la Révolution, ex place Louis XV- le 10 mai 1794, est plus précis : «Mirabeau a pris le parti d’aller voir dans l’autre monde si la Révolution y était approuvée. Bon Dieu ! Quel réveil que le sien! Depuis trois mois il s’était montré pour le bon parti. Pour moi, quoique très aristocrate, je ne puis regarder sa mort que comme un trait de la Providence sur ce royaume. Je ne crois pas que ce soit par des gens sans principes et sans mœurs que Dieu veuille nous sauver. Je garde pour moi cette opinion parce qu’elle n’est pas politique».

On peut aussi, comme René de Chateaubriand dans un passage des Mémoires d’Outretombe, présenter dialectiquement une synthèse artificielle de la révolution, en trois moments: la thèse constituante, conventionnelle achevée au coup d’Etat du 18 brumaire et son antithèse monarchique, consulaire, napoléonienne et bourbonienne.

   Nous aurions ainsi comme un arc électrique entre deux pôles courant de Philippe-Egalité promoteur du mouvement à son héritier le «roi-bourgeois» Louis-Philippe sous les plis du drapeau tricolore. De fait, il convient de parler d’idées révolutionnaires cousues dans des complots permanents peu accessibles à la rigueur d’un concept et qui échappent donc, dans leur principe, contrairement à ce que l’on entend dire, à la pensée philosophique. Mieux vaudrait écrire avec Burke, que l’«on sent un mouvement confus (a confused movement is felt) qui fait craindre un séisme général dans le monde politique. Déjà des confédérations et des correspondances de la nature la plus extraordinaire sont en train de se former dans plusieurs pays. Dans un tel état de choses, nous devrions nous tenir sur nos gardes». (Already confederacies and correspondences of the most extraordinary nature are forming in several countries. In such a state of things we ought to hold ourselves upon our guard). Et de citer deux ouvrages allemands, en foot-note, sur les conséquences de l’ordre des Illuminés, publiés à Munich en 1787: «see two books intitled», écrit l’homme qui correspondra avec la princesse allemande devenue reine de France: «Einige Originalschriften des Illuminatens orden - System und Folgen des Illuminatens orden.» Mieux vaut parler de conjuration que de système de philosophie, de sentiment et non pas d’idées, ou à relire celle de Laharpe écrite en 1793, et là le grand mot est enfin lâché: «d’explosion de la vanité»: «Ce n’est pas aujourd’hui que des observateurs ont remarqué et ont dit que la vanité française excédait la mesure ordinaire de la vanité humaine; et le sujet que je traite m’autorise à rappeler ici qu’en faisant au Lycée l’histoire de l’esprit humain avant la révolution, j’ai marqué plusieurs fois l’explosion de cette vanité, soit dans l’audace paradoxale, soit dans les prétentions de société, comme une époque qui servirait à caractériser la France jusqu’au milieu du dix-huitième siècle jusqu’à nos jours; j’ose dire que cette explosion avoisinait la démence: la démence a été complète après la révolution.

Joseph Elysée

Source: www.dortiguier.fr

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