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  • 4/3/2012
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Chiisme et baasisme irakiens ou la dynamique des mouvements chiites

chiites d’irak

   C’est également à cette époque que sera fondé le parti Baas en Irak, en 1952, par un chiite du nom de Fouad al-Rikabi qui le quittera en 1959. Sous Kassem, le Baas compte un nombre non négligeable de chiites, parfois même dans ses instances dirigeantes. Comme avec le parti communiste, la participation des chiites reflète leur quête individuelle pour une mobilité sociale et politique. Cependant, l’arrivée d’Aref au pouvoir est un coup dur pour les chiites du Baas, qui sont plus durement réprimés que leurs confrères sunnites au sein du parti.

Cette répression sélective provoque une première chute de la représentation chiite dans ce parti. Cependant, c’est surtout la victoire des militaires dans les structures dirigeantes du parti en 1963 qui va entraîner un effondrement brutal de la représentation chiite au sein du Baas.

   Les chiites sont en effet pratiquement tous des civils se réclamant de la «gauche» contre des militaires sunnites de «droite». Entre 1952 et 1963, les chiites occupaient plus de la moitié des postes du commandement régional; entre 1963 et 1970, ils ne sont plus que 6%. Ils  disparaitront progressivement des échelons dirigeants du parti au fur et a mesure que les sunnites liés a l’armée monopoliseront le parti 1. Suivra un retour du religieux. Ainsi, pendant la période d’instabilité qui sépare la révolution de 1958 de l’arrivée définitive du Baas au pouvoir en 1968, l’Islam a commencé à attirer de nombreux chiites laïques qui avaient perdu toute illusion avec le Parti communiste. Les religieux commencent à reprendre la place occupée par les communistes puis les baasistes au sein de la population chiite. Le fait que Najaf soit devenu l’un des hauts lieux du Parti communiste a obligé les plus grands Marja’ a sortir de leur silence. L’Islam commençait a remplir le vide idéologique et sociopolitique créé par le déclin du communisme en Irak.

Les laïques chiites considéraient l’idéologie islamique comme un véhicule de changement politique là où le communisme avait échoué. Les quartiers chiites pauvres de Bagdad, qui étaient le bastion du communisme, devenaient les principaux soutiens du parti Da’wa (créé en 1958) à la fin des années 1960 et au début des années 1970.

Note:

1. P-J. Luizard, La question irakienne, pp.73-78

Source: Barah Mikhail, La question de la Marja’iyya chiite, Paris: IRIS, 2005

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