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  • 5/3/2012
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Chiites du Bahreïn: L’Association de l’Action islamique (AAI)

chiites du bahreïn

   L’Association de l’Action islamique (AAI) est le second mouvement chiite le plus important au Bahreïn. Le nombre de ses membres est estimé à 20 000 personnes, toutes cependant exclusivement chiites 1, et c’est ainsi que l’AAI se distingue en grande partie du mouvement al-wifãq. En effet, alors que cette dernière comprend des membres non-chiites et défend un programme basé sur le respect des droits des citoyens tous horizons et toutes obédiences confondues, l’AAI fait quant à elle montre d’une tentation bien plus grande en faveur de la consolidation d’un système institutionnel bahreïni tirant sa légitimité ainsi que ses orientations de la charî’a, la Loi islamique.

N’était la nature confessionnelle des membres de cette formation, ainsi que ses ascendances originelles, il pourrait probablement être tentant de voir dans l’AAI une structure attachée à l’islam, mais ne revendiquant pas pour autant de modalités de gestion chiites pour la Cité. Or, le passé de cette formation ne plaide pas réellement en ce sens.

   L’AAI est en effet le successeur du Petit Front révolutionnaire de Libération du Bahreïn (PFRLB), une formation apparue sur la scène nationale en 1980, et dont elle prendra le relais au début des années 1990. Fondé par le cheikh chiite Hadi al-Mudarresi, un adepte des enseignements de l’Ayatollãh Shirazi, le PFRLB a ainsi vu ses orientations initiales se confondre avec la personnalité de son leader. D’où les foudres gouvernementales qui s’abattront sur une formation dont le maître mot sera, le long des années 1980, la dénonciation de la politique des al-Khalifa ainsi qu’un appel au renversement de cette dynastie présentée comme tyrannique et corrompue. Contraint à fuir le pays dès le lendemain de la création de son mouvement, le cheikh al-Mudarresi n’en continuera pas moins à insister de son exil sur la nécessité qu’il y avait, selon lui, pour les adeptes de son mouvement, de réussir à renverser le gouvernement bahreïni. Il faudra dès lors attendre le début des années 1990, et la reconversion du PFRLB sous le nom d’Assemblée islamique du Travail, pour que ses orientations prennent un tournant radicalement différent. Ainsi, la reprise en main de l’AAI par le cheikh Mohammad Ali Mahfouz lui permettra de limiter les persécutions gouvernementales à son encontre. Cependant, les orientations connues de ce mouvement ne contribuent pas à lui ôter son étiquette de «mouvement satellite téléguidé de l’étranger».

L’AAI prône officiellement l’allégeance à la Marjayya des Shirazi, dont les représentants sont basés dans la ville iranienne de Qom (par l’intermédiaire de l’Ayatollãh Sadeq al-Shirazi) ainsi que dans la ville irakienne de Karbala (où réside l’Ayatollãh Mohammad Taqi al-Mudarressi). Distribuant de temps à autre des tracts appelant à l’allégeance aux Shirazi, l’AAI fonctionne d’ailleurs en fonction de règles basées sur les principes du chiisme. Il en va ainsi de la récolte du Khoms (le cinquième du revenu des adeptes), dont la distribution se répartit par la suite entre « frais de fonctionnement locaux » et redistribution aux hautes autorités religieuses.

Note:

1. International Crisis Group, Bahrain’s Sectarian Challenge, ibid., p. 15.

Source: Barah Mikhail, La question de la Marja’iyya chiite, Paris: IRIS, 2005

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