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  • 5/3/2012
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Chiites du Bahreïn: l’accession au trône de Hamad Al-Khalifa

chiites du bahreïn

C’est l’accès du cheikh Hamad Al-Khalifa, roi actuel du Bahreïn, aux commandes de ce qui était encore un émirat, qui posera les rails d’évolutions politiques considérables de la scène du pays. Dès 1999, le nouvel émir mettra ainsi en avant sa volonté d’entreprendre une série de réformes tranchant avec les options de son père et prédécesseur. Celles-ci interviendront en diverses étapes, très rapprochées dans le temps.

   Ainsi, dès le mois d’août 1999, il annonce la tenue d’élections municipales. Moins de deux ans plus tard, en février 2001, il soumet à référendum son projet de Charte nationale, un texte proposant diverses dispositions dont la conversion de l’émirat du Bahreïn en royaume constitutionnel héréditaire, ou encore – et surtout – l’instauration d’un système national bicaméral. Bénéficiant de l’approbation de 98,2% des électeurs et électrices du pays, la Charte nationale pavera ainsi la voie vers l’organisation des élections municipales du 9 mai 2002 et législatives des 24 et 31 octobre 2002. Dès lors, le Bahreïn se démarquera par la présence en son sein de deux instances, le Sénat (dont les membres sont nommés par le roi) et le Parlement, amenés à participer de l’évolution du pays 1. Mais ces élections ne seront pas du goût des principales formations nationales d’opposition, qui y verront un leurre destiné à conforter la mainmise des Al-Khalifa sur le pays.

   C’est pourquoi les élections législatives se verront boycottées par quatre associations, à savoir les formations chiites al-Wifãq et ‘Amal, ainsi que les laïques sunnito-chiites dénommées Rassemblement national démocratique et

Association de l’action nationale démocratique. Les chiites aspirant à des sièges se présenteront ainsi le plus souvent sous étiquette indépendante, et bénéficieront d’une représentativité notable, puisqu’ils obtiendront 12 sièges sur un total de 40 2. Certes, l’influence des autorités bahreïnies sur ce scrutin ne pouvait être entièrement écartée, l’Etat participant notamment du découpage des circonscriptions et validant au préalable la candidature des prétendants à la représentation nationale.

Notes:

1. Fatiha Dazi-Héni, ibid., pp. 279-280.

2. La liste de ces députés est disponible au départ de l’adresse Internet: http://www.nuwab.gov.bh/default.asp?action=category&id=214

Source: Barah Mikhail, La question de la Marja’iyya chiite, Paris: IRIS, 2005

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