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  • 5/3/2012
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Chiites du Bahreïn: amorce d’une normalisation politique en 2006?

chiites du bahreïn

   Néanmoins, force est de constater que la possibilité pour des formations contestataires de participer de réformes nationales importantes sera bel et bien posée, celles-ci ayant alors été nombreuses à ne pas savoir saisir l’occasion qui leur était présentée 1.

Les élections législatives de novembre et décembre 2006, qui consacreront pour leur part le parti al-wefãq avec un total de 18 sièges sur 40, posent ainsi tout aussi bien la nécessité de voir dans quelle mesure cette formation serait à même de lancer concrètement des initiatives participant de l’amélioration du quotidien des nationaux chiites à terme.

   Car au final, les formations d’opposition bahreïnies, et principalement les chiites d’entre elles, se sont-elles réellement mises dans une situation contre-productive pour leurs intérêts? On en peut qu’être tenté de l’affirmer. Les quatre années consécutives au scrutin de 2002 se caractériseront en effet par l’inscription des formations d’opposition bahreïnies dans une posture critique des actions du gouvernement, mais dont la portée sera réduite du fait de leur gravitation en marge du cursus politique national. Bien entendu, ces années n’ont pas entièrement été perdues pour elles, puisqu’elles ont eu en parallèle le temps de prendre conscience des conséquences peu productives de leur boycott, et de se remettre donc en question.

Preuve probable d’une maturité supplémentaire probablement acquise aujourd’hui par elles: leur décision de

participer, finalement, des élections municipales et législatives du 25 novembre 2006, tout en axant leur programme sur ce qui a été le fil rouge de leurs revendications des années durant, à savoir l’octroi aux chiites nationaux de leurs droits citoyens pleins et entiers.

Note:

1. La route reste longue, par ailleurs, pour les parlementaires chiites comme sunnites. Abdallah al-Ali, parlementaire chiite «indépendant», nous confiait ainsi lors d’un entretien à Manama que les parlementaires étaient limités par la seule possibilité de poser une question par mois à l’adresse du gouvernement, ce qui limite bien évidemment la portée de l’action et des modalités de contestation parlementaires.

Source: Barah Mikhail, La question de la Marja’iyya chiite, Paris: IRIS, 2005

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