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  • 5/3/2012
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Chiites d’Arabie: l’opposition de Cheikh Saffar

cheikh saffar

   La mise à mal la plus sérieuse des relations entre le pouvoir saoudien et ses ressortissants chiites interviendra cependant à la fin des années 1970. Elle sera due principalement à l’action du cheikh Hassan al-Saffar. Né dans la ville saoudienne de Qatif en 1957, ce dernier se rend en Irak en 1971 afin d’entamer des études de théologie à la hawza de Najaf. Accusé, avec certains de ses coreligionnaires, en 1973, d’être un espion à la solde des Saoudiens, il migrera vers la ville iranienne de Qom, où il poursuivra ses études. Un an plus tard, c’est au Koweït qu’il se rendra, pays dans lequel il aura parmi de nombreux maîtres le célèbre Ayatollãh Mohammad al-Hussayni al-Shirazi. Il va de soi que les enseignements de Shirazi, qui sont en maints points conformes aux convictions de l’Ayatollãh Khomeyni, ne manqueront pas de marquer le cheikh al-Saffar. Ainsi, après une courte période passée à enseigner les préceptes théologiques du chiisme entre le Koweït et le Sultanat d’Oman, il décide de rentrer dans son pays natal, deux ans avant la révolution islamique iranienne.

De la ville de Qatif, il tente de pousser ses coreligionnaires à faire valoir leurs droits à des prérogatives politiques et religieuses, en les appelant notamment à se joindre au Mouvement de la Réforme chiite qu’il venait de créer.

   Mais son initiative aura peu de succès dans un premier temps, tant elle entrait en contradiction avec le quiétisme observé par les chiites saoudiens jusqu’alors. Ce n’est qu’avec la révolution islamique iranienne que la donne connaîtra une évolution sensible. Le retour de l’Ayatollãh Khomeyni en Iran, en février 1979, aura un impact certain sur la crédibilité que les chefs religieux et/ou politiques chiites seront à même de faire valoir. Dans le cas saoudien, les appels du cheikh Saffar, fondés sur les enseignements de l’Ayatollãh Shirazi, auront ainsi leur rôle dans l’encouragement des chiites saoudiens à revendiquer une plus grande lisibilité citoyenne, religieuse et politique.

C’est ainsi que Saffar, grâce à un réseau dense de jeunes «prêcheurs» convaincus, et fort de la qualité de ses références, réussira à mobiliser les chiites saoudiens.

Source: Barah Mikhail, La question de la Marja’iyya chiite, Paris: IRIS, 2005

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