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  • 6/3/2012
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Mowlãnã, poète-philosophe sans frontières (4)

mowlana

Par Dr Mohammad ZIAR

  Le monde, Mevlana le considérait comme un grand temple où, grâce à Dieu, toutes les divergences toutes les disparités et toutes les rancunes reculent pour céder leur place à l’amitié, à la fraternité et à l’unité. Ainsi le sema, danse mystique pratiquée par Mevlana et par la suite par les derviches tourneurs imitant le mouvement des astres et des constellations met-il en jeu une expérience extraordinaire et métaphysique à savoir la fusion de l’âme humaine et l’âme divine. L’effet de cette expérience ne se manifeste pas uniquement sur le plan individuel ou personnel mais aussi et surtout sur le plan social et universel.

Le maître spirituel autour de qui tournent les disciples, symbolise bien le soleil (Chams); un vrai point de convergence. Le regard est donc porté sur l’essence même de l’existence à savoir Dieu: l’âme de l’univers.

   Le khanghah, lieu où se déroule cette danse mystique, n’est donc pas pour les disciples un simple lieu comme les autres, c’est bien un lieu saint, une sorte de temple où, avant tout, la simplicité se fait remarquer.

Mais chose curieuse que ce petit espace exceptionnel ne se limite pas à ses quatre murs; l’univers tout entier est bien semblable à un grand khaneghah et doit par conséquent se transformer en un lieu de concentration, de zikr.

   Avec cette conception que Mevlana et ses disciples se font du monde et la  pratique qui s’ensuit, les différences ethniques, les points de vue différents, les croyances et surtout les frontières ne présentent plus de sens réels mais des illusions provisoires et absurdes et ne paraissent aux yeux des initiés que sous forme de fausses apparences ce qui occulte quelque chose d’incomparable à savoir l’humanité, l’amitié et l’amour.

Une fois ces frontières abolies, une unité profonde surgit et commence à se faire apercevoir. Et voilà comment Mevlana a atteint l’Universel. Espérons bien que l’année 2007 de Mevlana sera bien pour nous tous l’occasion de nous pencher plus que jamais sur nous-mêmes.

Bibliographie

1- Fouladvand Hamèd, Les sept fidèles d’amour, ed Yassavoli, Téhéran 1380

2-Chardin(Jean dit Chevalier), Voyage de Chevalier Chardin en Perse et autres lieux de l’Orient chez lecointéditeur Paris 1830

3-Cheybany Jeanne, Les voyages en Perse et la pensée française au XVIIIe siècle, Téhéran Ministère d’Information d’Iran 1971

4- Drouville Gaspard, Voyage en Perse en 1812, St, Petersbourg, 1819

5- Zarrinkoub Abdol-Hossein: Peleh peleh ta molaghate Khoda, éd Elmi Téhéran 1996

6- Zarrinkoub Abdol-Hossein: Serré Ney(Le mistère du Ney), éd Elmi, Téhéran, 1991

7- Zarrinkoub Abdol-Hossein: Bahr dar kouzeh (La mer dans une cruche), éd Elmi, Téhéran, 1997

8-Mevlavi Djalaledin Mohammad Balkhi: Masnavi Maanavi, éd, Negah, Téhéran, 1990

Source: Revue Le Pont, N:3, Printemps 2007, PP.28-30. 

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