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  • 7/3/2012
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Henry Corbin (2)

henry corbin

C’est là qu’il préparera l’édition des œuvres de Sohravardi. A la mi-septembre, il part pour Téhéran et lance le projet d’un département d’Iranologie au sein du nouvel Institut français. Il en assurera la direction jusqu’en 1954 et créera la fameuse « Bibliothèque iranienne».

   Il donne sa première conférence à Ascona en 1949, inaugurant une collaboration qui durera jusqu’à sa mort. Eranos a représenté infiniment pour Henry Corbin: «Ce que nous voudrions appeler le sens d’Eranos, et qui est aussi tout le secret d’Eranos, c’est qu’il est notre être au présent, le temps que nous agissons personnellement, notre manière d’être. C’est pourquoi nous ne sommes peut-être pas «de notre temps », mais nous sommes beaucoup mieux et plus: nous sommes notre temps. Et c’est pourquoi Eranos n’a même pas de dénomination officielle ; ni de raison sociale collective. Ce n’est ni une Académie, ni un Institut, pas même quelque chose que l’on puisse, suivant le goût du jour, désigner par des initiales. Non, ce n’est pas un phénomène de notre temps».

Il faut savoir que pendant quelque cinquante ans la propriété de Madame Fröbe-Kapteyn, à Ascona, « sur les rives du lac majeur», a été le centre symbolique d’une communauté de chercheurs spirituels, parmi lesquels on peut citer outre Corbin, Massignon, Jung, Denis de Rougemont, Rudolf Otto, Gershom Scholem, Mircea Eliade, etc.

   A partir de 1955, Henry Corbin partagera son temps entre Paris et Téhéran, entre son enseignement à l’École des Hautes Études (de janvier à juin) et la direction du Département d’Iranologie de l’Institut franco-iranien (docteur honoris causa de l’Université de Téhéran en 1958). En 1959, paraît son Imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn ‘Arabؤ« dont la rédaction fut, selon ses propres termes, « un nouveau point de départ, un moment privilégié dont la clarté illumina la route suivie depuis lors » et, en 1961, grâce à Marie-Madeleine Davy, Terre céleste et corps de résurrection. Ces deux ouvrages connaîtront l’un et l’autre une deuxième édition, respectivement en 1975 et 1978. Il convient de s’y attarder, parce qu’elles permettent de préciser la «notion» fondamentale dans l’œuvre de Corbin de « monde imaginal».

Dans le premier de ces ouvrages, il dira: «Que l’on entende pas le mot «images» au sens où de nos jours on parle à tort et à travers d’une civilisation de l’image; il ne s’agit jamais là que d’images restant au niveau des perceptions sensibles, nullement de perceptions visionnaires.

  Le mundus imaginalis de la théosophie mystique visionnaire est un monde qui n’est plus le monde empirique de la perception sensible, tout en n’étant pas encore le monde de l’intuition intellective des purs intelligibles. Monde entre-deux, monde médian et médiateur, sans lequel tous les événements de l’histoire sacrale et prophétique deviennent de l’irréel, parce que c’est en ce monde-là que ces événements ont lieu, ont leur «lieu».

Sources:

 http://jm.saliege.com

 http://www.amiscorbin.com

http://fr.wikipedia.org

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