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  • 6/5/2012
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Le plus grand portraitiste du XVème siècle de l’hégire

le conseil du maître, attribué à kamal-e-din behzad, moraqq’-e golshan, xvie siècle

   Le maître Kamãl-e-Dîn Behzãd est sans doute le plus grand peintre et portraitiste du XVème siècle de l’hégire. Nous savons très peu de sa naissance et de sa généalogie.

La seule certitude est qu’il devint orphelin très jeune et fut élevé par Mirak, probablement l’un de ses lointains parents.

   Mirak, armurier de métier, pratiquait la calligraphie et aujourd’hui encore, l’on peut voir de vieilles bâtisses à Herãt qui furent décorées de sa main. Il avait un goût artistique très prononcé qu’il transmit au jeune Behzãd, ce qui permit à ce dernier de se familiariser dès l’enfance avec la calligraphie, qu’il abandonna rapidement au profit de l’enluminure.

L’enfant était très doué. Mirak s’en rendit compte et l’envoya auprès d’un des chefs de file de l’école de Herãt, Valliallah Khãn.

   Sous la férule de ce grand maître, il montra de si bonnes aptitudes qu’il fut très vite remarqué et gravit rapidement les échelons hiérarchiques pour être nommé bibliothécaire du roi Hussayn Bayghara. Ce dernier, grand mécène et monarque éclairé, bien qu’héritier de Tamerlan et de son patrimoine de massacre et de destruction, avait su rassembler autour de lui artistes en tous genres, lettrés, poètes et peintres. Ainsi, diverses écoles virent le jour et l’art, particulièrement l’art de la miniature connut une expansion considérable et sans précédent.

L’époque timouride et surtout le règne du roi Hussayn Bayghara fut l’une des plus fécondes dans le domaine de l’art persan et de toute manifestation de civilisation persane en général, Behzãd étant l’un des plus illustres représentants de cette faste période.

   Une fois devenu bibliothécaire du roi, il profita de l’occasion qu’il avait de côtoyer les grands maîtres vivants et s’imprégna des techniques de ses prédécesseurs défunts, complétant ainsi activement sa formation. Behzâd était donc extrêmement doué et commença jeune son métier de miniaturiste en copiant certaines œuvres célèbres. Il fut également remarqué très tôt par le ministre du sultan, Nezãm-e-Dîn Amîr ’Alîshîr, célèbre mécène qui aimait s’entourer d’artistes et de poètes et qui l’aida à devenir le portraitiste attitré du sultan.

   Dans sa Badãye-ol-Vaghãye, Vassefî de Herãt met l’accent sur le génie du jeune maître en racontant une petite anecdote: les nobles étaient rassemblés auprès du roi quand Behzãd, à l’époque âgé de vingt ans, fit son entrée pour présenter au souverain la miniature qui le représentait debout dans son parc. La vue de la miniature charma les invités et provoqua d’abord un profond silence, qui se transforma en transports d’applaudissements et de compliments qui durèrent près de deux heures.

Dès lors, Behzãd occupa une place à part parmi les miniaturistes et commença à enseigner à d’autres le secret de la magie de son pinceau.

Arefeh Hedjãzi

Source: Teheran.ir

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