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  • 4/6/2012
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Un auteur de la cour ghaznavide

abolfazl beyhaghi

Sepehr Yahyavi

   Parmi les prosateurs persans du Moyen-âge, le nom et l’œuvre d’Abolfazl Beyhaghi brillent comme une étoile lointaine. S’il est une figure lointaine dans le temps, il apparaît proche de nous de par sa conception de l’histoire - tantôt du fait de son attitude envers son époque, tantôt à cause de sa façon de traiter certaines personnalités qui lui furent contemporaines. Pour souligner l’importance et la portée de l’œuvre de Beyhaghi dans le maigre héritage (en comparaison avec la poésie) de la prose persane, il faudrait retenir qu’il a joué le rôle d’un grand intermédiaire entre la prose simple des premiers siècles de la période postislamique (style khorãssãni dans la prose comme dans la poésie, comme dans le Tãrikh-e Bal’ami (L’Histoire de Bal’ami) et la prose compliquée et sophistiquée, voire dithyrambique, des siècles suivants (style irãqi et hendi, surtout dans la poésie). Tãrikh-e Beyhaghi (L’Histoire de Beyhaghi).

L’Histoire de Beyhaghi se place sans doute dans l’âge d’or, mais aussi dans une période de transition, de l’écriture prosaïque iranienne pouvant être considérée comme étant le sommet de la prose persane.

   Sans rien exagérer des beautés stylistiques et méthodes historiographiques utilisées, il faut néanmoins noter que Beyhaghi n’était pas seulement un auteur et un secrétaire de la cour ghaznavide, mais aussi un grand historien, un sociologue et un psychologue, ainsi qu’un véritable écrivain et homme de lettres. Il a vécu de 996 à 1077(?), et a probablement écrit la partie de son œuvre monumentale qui nous est parvenue de 1058 à 1059. [1] De nos jours, les chercheurs reconnaissent que son œuvre était au moins six fois plus volumineuse que ce qui nous en est parvenu.

Le texte qui nous est resté commence au milieu du chapitre 5 et continue jusqu’au chapitre 10, tandis que l’œuvre originale comprenait 30 chapitres. Les parties antérieures et postérieures du texte ont été délibérément détruites ou se sont perdues dans la mémoire du temps, les spécialistes n’ayant presque plus d’espoir de les retrouver.

   La partie qui nous est parvenue concerne majoritairement l’histoire de Massoud 1er, le fils et successeur de Mahmoud Ghaznavide.

Les Ghaznavides furent une dynastie turque fondée par Alpteguine ou Alabtaguine en 962, ayant pour capitale Ghazni (ville se trouvant actuellement en Afghanistan oriental et qui a donné son nom à la dynastie), et dont le règne s’est étendu du Xe au XIIIe siècle. L’apogée de cette grande dynastie a eu lieu pendant le règne de Mahmoud le Ghaznavide, pendant lequel cette dynastie s’est libérée de la domination tutélaire des Samanides (en 999), et a annexé à ces territoires les régions du nord-ouest de l’Inde, le Khorãssãn et l’Irak.

Note:

[1] Toutes les dates seront données ci-après, selon l’ère chrétienne, sauf dans les cas mentionnés.

Source: Teheran.ir

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