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Les Chiites du Yémen

abdullah saleh

   Le Yémen jouit d’une situation géopolitique privilégié puisque s’y trouve le Golfe d’Aden et le détroit stratégique appelé Bab Al-Mandab. La communauté chiite yéménite est l’une des plus anciennes historiquement et les hadiths mentionnent souvent la troupe yéménite dirigée par le yéménite au moment de la parousie. Nous abordons ici brièvement les caractéristiques de cette communauté.

C’est ainsi que le Yémen compte au rang des pays composés d’une majorité chiite septicémaire, les Zaydites. Cette communauté, dont le nom fait référence à Zayd bin ’Ali, fils du quatrième imam de l’islam chiite ’Ali Zayn Al-Abidin, est cependant dans une situation qui la distingue des principaux courants du chiisme contemporain que sont les courants septicémain et duodécimain.

   Cette distinction se particularise cependant par une grande complexité d’ordres politique et théologique. D’un point de vue dogmatique, les zaydites considèrent ainsi que la fonction de l’Imam, chef politique aussi bien que religieux à leurs yeux, est susceptible de relever de deux personnes à la fois, et c’est en ce sens qu’ils considérèrent, à l’origine, que les Imams Hassan (psl) et Hussayn (psl) étaient concomitamment détenteurs d’une légitimité politico-religieuse. Cette conception pourra évidemment connaître des évolutions et des interprétations divergentes au fil du temps, ce qui provoquera l’apparition de six courants inter-zaydites qui continuent à exister aujourd’hui. Cependant, il convient également de voir dans cette particularité la provocation d’une relative insularité pour les tenants du zaydisme, qui ne connaîtront pas d’accointances politiques et/ou idéologiques objectives avec les gouvernements et les coreligionnaires chiites de la région. L’histoire récente du Yémen mettra en exergue le développement par le gouvernement du président ’Ali Abdullãh Saleh d’accusations selon lesquelles certains groupes et rébellions se réclamant du zaydisme seraient en situation d’agir avec l’appui d’une logistique et de finances d’origine iranienne. Une situation qui rejoint donc les développements relatifs au Hezbollãh libanais, mais qui souffre néanmoins un ensemble de failles dans l’analyse.

D’un point de vue dogmatique en effet, les zaydites sont «coupables», aux yeux des chiites orthodoxes, de leur développement d’une vision du chiisme qui tournerait à l’hérésie; par ailleurs, sur un plan plus purement politique, le fait pour l’Iran de procéder au soutien d’une rébellion zaydite antigouvernementale, s’il peut se justifier à la lumière de l’éventuelle volonté de l’activation par Téhéran de leviers régionaux, ne laisse pas moins posée la question de savoir quel aurait été jusqu’ici l’intérêt pour l’Iran d’affaiblir un gouvernement yéménite auquel les intérêts politiques et économiques qui l’opposeraient restent à prouver.

Source: Barah Mikaïl, «La question de la Marja’iyya chiite», Paris: IRIS, 2006

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