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Kamãl-ol-Molk à l’époque de Nãssereddin Shãh

kamal-ol-molk

   Né à Kãshãn autour de 1848, Mohammad Ghaffãri, dit aussi «Kamãl-ol-Molk», était issu d’une famille d’artistes. Son oncle, Mirzã Abol-Hassan Ghaffãri («Sani’-ol-Molk») fut au XIXe siècle, un peintre reconnu pour ses portraits et ses aquarelles.

Il mit en place la section de peinture à l’Ecole polytechnique Dãr-ol-Fonoun dans les années 1850. Son père, Mirzã Bozorg Ghaffãri Kãshãni fut aussi un peintre important, ainsi que son frère, Abou Torâb Ghaffâri, peintre et lithographe.

   Adolescent, Kamãl-ol-Molk entra à Dãr-ol-Fonoun, où il commença à s’initier à la peinture auprès de son oncle, Sani’-ol-Molk (1814-1866), puis du successeur de celui-ci, Mozayyan-od-Dowleh (1847-1923). L’œuvre de ce dernier maître, qui avait visité l’Europe et étudié les tableaux des artistes occidentaux, était dite farangi sãz, c’est-à-dire «fait à la manière européenne». [1]

Kamãl-ol-Molk étudia à Dãr-ol-Fonoun avant que Nãssereddin Shãh ne remarquât l’un de ses tableaux, un portrait de E’tezãd Al-Saltãneh [2], lors d’une visite (l’école Dãr-ol-Fonoun était située juste derrière le palais royal) et ne l’appelle à la Cour.

   Kamâl-ol-Molk s’installa officiellement à la Cour autour de 1880. Peu de temps après, en 1883, il fut désigné  peintre en chef. Nãssereddin Shãh lui donna également en 1893 le titre honorifique de Kamãl-ol-Molk («Perfection de la terre»), sous le nom duquel il signera ensuite ses tableaux.

   Durant son long service auprès de Nãssereddin Shãh, Kamãl-ol-Molk a produit des œuvres de plus en plus élaborées. Jusqu’en 1896, année de l’assassinat du Shãh, ses tableaux représentaient principalement les personnalités de l’entourage princier et la vie à la Cour. Il a peint aussi fréquemment des scènes du camp royal, dont il faisait partie, des vues de jardins, des scènes de chasse et de nombreuses compositions architecturales avec les bâtiments et palais royaux.

Son travail à cette époque dénote son aspiration à approfondir les techniques de la peinture à l’huile. Il a également expérimenté par lui-même les lois mathématiques et géométriques de la perspective. Dans l’ouvrage Maktab-e Kamãl-ol-Molk (L’Ecole de Kamãl-ol-Molk) [3], l’auteur anonyme de la préface écrit que son utilisation du pinceau et l’application de couleurs claires et vives étaient dans la continuité de la tradition picturale zand et qãjãr mais que, par sa virtuosité et son élégance, Kamãl-ol-Molk a occupé une place à part parmi ses contemporains.

Notes:

[1] Ruin Pãkbãz, dans son Encyclopédie de l’Art, définit «Farangi sãzi» ainsi: «Expression qui définit le choix, effectué par une partie des anciens miniaturistes iraniens et indiens, d’une prise en compte partielle du modèle de la peinture européenne. Ceux-ci, dans la méthode, ont copié en profondeur les coups de pinceaux et même parfois les sujets et les motifs de la peinture européenne». «Farangi sãzi», Dãyereh-ye al-ma’ãref-e honar (Encyclopédie de l’art), Farhang-e mo’ãsser, Téhéran, 2007.

[2] ‘Ali-Qoli Mirzã E’tezãd Al-Saltãneh (1822-1880), un des oncles paternels de Nãssereddin Shãh, avait pris la tête du Ministère de l’Instruction Publique après sa création en 1866. Dirigeant l’Ecole polytechnique Dãr-ol-Fonoun depuis 1858, il avait reçu le titre honorifique de Ministre des Sciences (vazir-e ‘oloum). Voir Nãder Nasiri-Moghaddam, L’archéologie française en Perse et les antiquités nationales (1884-1914), Connaissances et savoirs, Paris, 2004: chap. X.

[3] L’Ecole de Kamãl-ol-Molk (Maktab-e Kamãl-ol-Molk), Nashr-e Abgineh, Téhéran, 1986.

Source: Teheran.ir

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