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  • 4/8/2012
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Le premier roi de l’Iran de la période islamique

nassereddin shah

   Nãssereddin Shãh commence son règne après le décès de son père, Mohammad Shãh. Lui aussi, comme les autres dauphins de la dynastie qãjãre, a vécu à Tabriz pendant son enfance et son adolescence. Mirzã Taghi Khãn Amir-Nezãm, qui était le secrétaire de Ghãem-Maghãm Farãhãni quand celui-ci vivait à Tabriz, est son intendant.

Mirzã Taghi Khãn Amir-Nezãm aide Nãssereddin Shãh à venir à Téhéran. Il est ensuite nommé chancelier par le jeune roi, reçoit le surnom d’Amir Kabir, et entreprend de nombreuses réformes dans l’armée, l’administration, le trésor public, l’enseignement, et réprime les groupes qui se soulèvent contre l’Etat, dont les bahã’is.

   Il considère que ce mouvement est alimenté par l’Angleterre dont le but est d’affaiblir l’Iran, et paye de sa vie pour avoir tenté d’empêcher les puissances coloniales de s’immiscer dans les affaires de l’Iran, car les médisances des courtisans affiliés à l’Angleterre et à la Russie font changer l’opinion de Nãssereddin Shãh à son égard: tombé en disgrâce, il est exilé à Kãshãn et assassiné dans cette ville sur ordre du roi. Ainsi, les réformes prennent fin, ce qui convient à l’Angleterre et la Russie.

Au cours du règne de Nãssereddin Shãh, la Russie et l’Angleterre rivalisent dans leurs tentatives de réduire la superficie de l’Iran et de rendre inefficace l’administration et l’armée iraniennes en augmentant la corruption et en réduisant le sentiment national parmi les iraniens de la classe aisée. Ceux-ci agissent en faveur des puissances coloniales en jouant les intermédiaires pour ces pays étrangers, en contrepartie de bénéfices.

   De plus, Nãssereddin Shãh, qui est le premier roi de l’Iran de la période islamique à avoir visité les pays d’Europe, est subjugué par les choses qu’il a vues au cours de ses voyages dans ces pays; c’est peut-être en partie pour cette raison qu’il fait extrêmement confiance aux Européens, leur accorde des concessions et sacrifie ainsi les intérêts de l’Iran.

Pendant le règne de Nãssereddin Shãh, l’Afghanistan et une partie du Baloutchistan sont séparés de l’Iran et entrent dans la zone d’influence de l’Angleterre; les régions de Marv, de Bactriane et le nord-est de la province du Khorãssãn sont également séparées de l’Iran et entrent sous l’influence de la Russie. De plus, l’Angleterre réussit à acquérir des privilèges similaires à celles que la Russie avait obtenus suite au traité de Torkamãntchãy.

   Après la signature du traité de Paris en 1848 dans lequel l’Iran renonce définitivement à la région de Harãt, une série de concessions sont accordées aux Anglais; l’influence politique de l’Angleterre commence alors en Iran. Les concessions accordées aux Anglais sont nombreuses; ils réussissent à acquérir le monopole de la navigation sur le fleuve Karoun, et la concession de la Banque Royale, qui a le monopole de l’impression des billets de banque en Iran; Nãssereddin Shãh accorde ensuite à la Banque Royale le monopole de l’exploitation des mines d’Iran sauf les mines d’or, d’argent et de pierres précieuses. Le monopole de la vente du tabac, accordé à un Anglais en 1891, provoque de vives réactions d’opposition dans la population et chez les religieux, ce qui oblige le roi à annuler ce contrat; mais la résiliation du contrat a des conséquences négatives, car Nãssereddin Shãh et son chancelier sont obligés de demander un prêt de 500 000 livres sterling à la Banque Royale pour payer les indemnités réclamées par la compagnie anglaise; cet emprunt est le premier contracté par l’Etat iranien.

A chaque fois que Nãssereddin Shãh donne une concession à un Anglais, la Russie tente d’obtenir une concession à son tour.

   Ainsi, le monopole de la pêche dans une partie du littoral iranien de la mer Caspienne est accordé à un Russe, et la Russie obtient l’autorisation de créer en Iran une Banque qui entre en rivalité avec la Banque Royale. De plus, la Russie obtient une concession lui permettant de construire une route entre le port d’Anzali et Ghazvin et d’en garder le monopole. La plus grande concession que la Russie réussit à obtenir au cours du règne de Nãssereddin Shãh est la création de la Brigade Cosaque. Cette brigade, formée par des militaires russes, réussit à avoir sous son contrôle l’armée de l’Iran. La Brigade Cosaque, officiellement au service du ministère de la guerre de l’Iran et ayant pour mission de défendre l’Iran contre les attaques des pays étrangers, se transforme peu à peu en un corps obéissant aux ordres du tsar et de la cour de la Russie, et devient une force de répression des opposants iraniens destinée à maintenir le pouvoir du roi de l’Iran en fonction des intérêts de la Russie.

Au cours des dernières années du règne de Nãssereddin Shãh, des idées révolutionnaires et des revendications de liberté ont de plus en plus cours en Iran et aboutissent à l’assassinat de Nãssereddin Shãh par un opposant politique le 30 mai 1896.

Sources:

Mohammad Moïn, Dictionnaire encyclopédique de persan, Vol. V et VI, Ed Amir Kabir, Téhéran, 1380 (2001).

L’Encyclopédie Roshd sur le site http://daneshnameh.roshd.ir.

Hassan Pirniã, Abbãs Eghbãl-Ashtiãni, Parviz Bãbâ’i, L’Histoire de l’Iran, Ed. Negãh, Téhéran, 1385 (2006), pp. 1012-1037.

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