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Ahmad Shãh Qãjãr (1909-1925)

ahmad shãh qãjãr

   Le règne d’Ahmad Shãh est une période très chaotique sur le plan politique et social en Iran. Le fait le plus marquant pendant le règne d’Ahmad Shãh est le contrôle de plus en plus manifeste de l’Angleterre et de la Russie sur l’Iran. Ces deux puissances coloniales avaient signé un accord en 1907 pour régler leurs différents à propos des pays asiatiques qui étaient sous leur influence, en particulier l’Iran, l’Afghanistan et le Tibet. Selon ce traité, l’Iran était partagé en trois zones, celle du nord étant sous le contrôle de la Russie, celle du sud sous le contrôle de l’Angleterre, et la zone du milieu était laissée indépendante.

L’Angleterre et la Russie laissaient tous les deux l’autre puissance coloniale avoir des concessions ainsi que le contrôle des douanes, de la poste, du télégraphe et des routes dans la zone qui leur était impartie. L’Iran s’était opposé à ce traité, en vain.

   Au cours du règne d’Ahmad Shãh, le manque d’autorité du roi et du régent, et le fait qu’un certain nombre de députés sont des alliés des puissances coloniales, ne permet aucune amélioration de la situation qui empire avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale et avec le nouveau traité signé entre l’Angleterre et la Russie en 1915. Le début de la Première Guerre mondiale coïncide avec le couronnement d’Ahmad Shãh. Au cours de cette guerre internationale, des combats éclatent entre l’armée de l’empire Ottoman (allié de l’Allemagne et de l’Autriche) et les armées de l’Angleterre et de la Russie à l’intérieur de l’Iran, tout le long des frontières occidentales, malgré la neutralité de l’Iran dans cette guerre. De plus, en 1915, l’Angleterre et la Russie annulent l’accord de 1907 et signent un nouvel accord selon lequel l’Iran est désormais divisé en deux zones, celle du nord étant contrôlée par la Russie, celle du sud par l’Angleterre. Cet accord prévoit une armée de 11 000 cosaques dirigée par la Russie dans la zone iranienne contrôlée par ce pays, et une armée avec autant de soldats, appelée la police du sud de l’Iran, contrôlée par l’Angleterre dans le sud de l’Iran. De plus, les finances du gouvernement iranien sont contrôlées par une commission composée de représentants de l’Angleterre et de la Russie.

   Vers la fin de 1917, la Révolution d’Octobre en Russie provoque un changement radical de la situation: le gouvernement bolchevique annule le 14 janvier 1918 l’accord de 1915 signé entre la Russie et l’Angleterre. Le contrôle de la Russie sur les régions du nord de l’Iran s’affaiblit. Les bolcheviques soutiennent les républiques proclamées par les révolutionnaires iraniens dans les provinces du Gilãn et d’Azerbaïdjan.

L’Angleterre décide alors d’étendre son contrôle sur l’ensemble de l’Iran, et envoie des troupes au Khorãssãn, à Hamedãn, Ghazvin et Rasht et même jusqu’à Bakou.

   Ainsi, à la fin de la Première Guerre mondiale, tout l’Iran est sous le contrôle de l’Angleterre. L’Angleterre tente d’empêcher que l’Iran ait des représentants aux Nations Unies pour pouvoir faire de l’Iran un protectorat anglais, et signe avec le premier ministre de l’Iran un accord en 1919 selon lequel toutes les affaires de l’armée, de la douane et des finances de l’Iran passent sous le contrôle exclusif des conseillers anglais. Les Nations Unies refusent de reconnaître cet accord. En Iran, Ahmad Shãh est contre cet accord signé par le premier ministre, et des soulèvements populaires importants ont lieu, en particulier dans les provinces du Gilãn et d’Azarbãïjãn.

L’Angleterre, craignant de perdre son influence en Iran et voulant garder sa main mise sur le pétrole iranien dont la valeur stratégique est devenue évidente au cours de la guerre, change ses plans.

   En 1920, le major-général anglais William Edmund Ironside est envoyé en Iran; sa mission est de prendre le contrôle de la Brigade Cosaque installée à Ghazvin et dirigée par les militaires russes avec l’accord du gouvernement iranien, ce qu’il réussit. Ironside choisit ensuite un officier iranien ambitieux et autoritaire du nom de Ridhã Khãn Mirpanj qu’il met à la tête de la Brigade Cosaque; Ridhã Khãn Mirpanj reçoit ses ordres d’un militaire anglais, le colonel Henry Smith. La réorganisation de la Brigade Cosaque est la première étape d’un coup d’Etat planifié par l’Angleterre, conduit en Iran par un journaliste iranien anglophile du nom de Seyed Ziã Tabãtabã’i et trois membres de l’ambassade de l’Angleterre. Seyed Ziã Tabãtabã’i fait un emprunt à la Banque Royale pour payer les soldats de la Brigade Cosaque et leur chef, Ridhã Khãn Mirpanj, afin qu’ils quittent Ghazvin et viennent occuper la capitale. La Brigade Cosaque arrive à Téhéran dans la nuit du 20 au 21 février 1921 sans rencontrer de résistance notable. Le matin du 21 février, les habitants de Téhéran qui avaient entendu dans la nuit des coups de feu et des coups de canon, voient des affiches collées aux murs dans lesquelles Ridhã Khãn Mirpanj déclare qu’il a décidé de mettre fin à la situation douloureuse dans laquelle l’Iran est plongé. Le roi Ahmad Shãh, qui avait eu vent d’un projet de coup d’Etat, demande des conseils le jour-même à l’ambassadeur d’Angleterre, et celui-ci conseille à Ahmad Shãh de prendre contact avec les chefs du coup d’Etat et de répondre favorablement à toutes leurs demandes sans tergiversation. Ainsi, Seyed Ziã Tabãtabã’i devient premier ministre et Ridhã Khãn Mirpanj obtient le poste de ministre de la guerre, qu’il garde dans les cabinets successifs. Le pouvoir de Ridhã Khãn Mirpanj augmente progressivement. L’Assemblée Nationale le choisit comme premier ministre en novembre 1923. Ahmad Shãh, qui est opposé à donner encore plus de pouvoir à Ridhã Khãn Mirpanj, part en Europe avec sa famille après avoir signé le décret où Ridhã Khãn Mirpanj est nommé premier ministre, et ne revient plus en Iran. La fraction minoritaire de l’Assemblée Nationale tente de limiter le pouvoir de Ridhã Khãn Mirpanj, en vain. En novembre 1925, l’Assemblée Nationale vote l’abolition de la dynastie qãjãre et désigne Ridhã Khãn Mirpanj comme chef de l’Etat. Le 5 décembre 1925, la Constitution de l’Iran est modifiée et la royauté est attribuée à Ridhã Khãn Mirpanj, qui a changé entretemps son nom en Pahlavi. Ahmad Shãh Qãjãr meurt à Neuilly-sur-Seine à la fin de l’hiver 1930.

Sources:

Mohammad Moïn, Dictionnaire encyclopédique de persan, Vol. V et VI, Ed Amir Kabir, Téhéran, 1380 (2001).

L’Encyclopédie Roshd sur le site http://daneshnameh.roshd.ir.

Hassan Pirniã, Abbãs Eghbãl-Ashtiãni, Parviz Bãbâ’i, L’Histoire de l’Iran, Ed. Negãh, Téhéran, 1385 (2006.

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