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  • 15/11/2012
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Un signe de reconnaissance indirecte

symbole

   Dans sa signification courante, le symbole est un objet ou un fait qui rend possible d’une manière imagée une association d’idée par l’intermédiaire d’un signe. A titre d’exemple, l’image d’un hibou est associée à la sagesse, ou l’image de la croix est associée au christianisme. Dans sa signification plus stricte, le symbole est le résultat d’une interprétation visuelle et imagée de quelque chose d’abstrait ou d’absent par la matérialisation de ses traits saillants par l’intermédiaire des formes, des images, des couleurs ou des mouvements.

Le symbole (du latin «symbolum», du grec: «sumbolon») est un signe d’identité et de reconnaissance indirecte.

   En effet, l’objet du symbole est un fait abstrait ou absent qui n’est pas reconnaissable directement. Par conséquent, le symbole n’a qu’un pouvoir limité pour représenter son objet, alors qu’il reste tant bien que mal la meilleure représentation possible de son objet par l’intermédiaire d’une image. Le symbole n’est pas une signification directe, mais un simple rappel. C’est un rayon de lumière focalisé sur un point pour y réunir d’une manière spontanée et associative des notions qui ne sont pas facilement résumables.

   Henry Corbin définit le symbole comme un rappel à un niveau de la conscience différent de celui de l’évidence rationnelle. Selon lui, le symbole est un instrument pour décrire une notion indescriptible de manière spontanée. Le symbole rappelle donc un secret qui est à décrypter à chaque instant, et à chaque époque. Corbin compare le symbole à la notation d’une composition musicale qui n’est jamais déchiffrable d’un coup, mais que le musicien peut «interpréter» chaque fois d’une nouvelle manière.

Les différentes définitions du symbole nous indiquent toutes que le symbole va au-delà d’un simple «signe».

   Le symbole se place donc au-delà du «sens» et sa compréhension nécessite une «interprétation». Cette interprétation exige un «goût» et un «talent». Pour décrire une chose, le symbole la cache d’abord sous un masque, puis il s’accroche aux structures mentales pour la démasquer. En outre, il faut savoir que le symbole n’interdit jamais le recours aux éléments rationnels et aux instruments de l’expression directe pour la compréhension d’un signe. De même, le symbole n’interdit pas non plus le recours aux moyens de l’intuition. Le symbole reste dans le domaine de l’histoire; il n’en perturbe pas la réalité, et il n’en supprime pas les signes. Par contre, il leur donne de l’éclat et de l’autonomie.

Le symbole rétablit la réalité, la finalité, le signe et les relations supra-rationnelles et imaginaires entre les trois niveaux de l’existence: cosmique, humain et divin.

Sources:

Esmã’ilpour, Abolghãssem, Le mythe de l’expression symbolique, Téhéran, éd. Soroush, 1998, p. 42.

Pãkbãz, Rouîn, L’encyclopédie de l’art, Téhéran, éd. Farhang-e Mo’ãsser, 1999, p. 604.

Sattãri, Jalãl, Une introduction au symbolisme du mysticisme, Téhéran, éd. Nashr-e Markaz, 2007, p. 23.

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