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  • 21/11/2012
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Les premiers romans persans

livres

   A l’imitation des romans historiques du romantisme français, les premiers romans persans choisissent comme toile de fond l’histoire de l’Iran et en particulier les points de crise et les moments de renouveau dans cette histoire que sont: les premières conquêtes des Achéménides, la chute de l’empire sãssãnide, l’arrivée de l’Islam, les invasions turco-mongoles, l’avènement des Safavides ou encore le soulèvement du Khouzestãn contre les Anglais.

Ces romans, par cet ancrage historique, volontairement pédagogique voire scientifique, veulent se démarquer nettement de la tradition romanesque depuis le Moyen-âge jusqu’au dernier avatar au XIXe siècle.

   Toutefois, la puissance de la tradition entraîne malgré lui le romancier dans le monde plus ou moins magique du conte populaire. On en trouve de nombreux exemples dans le premier roman en date (la trilogie de Shams-o-Toghrã de Mohammad Bãqir Khosravi); ou bien dans la vie de Cyrus (Eshq va Saltanat) par Sheykh Moussã Nasri Hamadãni. Ce genre du roman historique, formellement hésitant, sera caricaturé par Sãdiq Hedãyat dans Vagh Vagh Sãhãb. Hedãyat se voudra délibérément en opposition à ce type de roman, dont la modernité reste encore à démontrer. On citera encore, quoique un peu différent des deux premiers, et probablement plus proche de ses modèles européens, le roman de San’atizãdeh Kermãni, Dãmgostarãn. Pourtant, la veine, loin de tarir après Hedãyat, est exploitée pendant de longues années. Keleydar de Mahmoud Dowlatãbãdi, bien qu’éloigné de ces premiers romans, en reprend certains traits qu’il hérite de la tradition narrative persane. Même de plus jeunes auteurs, après la révolution de 1979, sont encore tentés par le genre historique. On peut citer Amir-Hasan Tcheheltan (né en 1955) ou Ridhã Jowlãï (né en 1960). Même un Houshang Golchiri n’hésite pas, dans une partie de son œuvre, à jouer avec l’histoire (Chronique de la victoire des Mages, Paris l’Inventaire 1997).

En un sens, le roman persan suit une trajectoire assez semblable à celle du roman européen, qui revient régulièrement à l’histoire à laquelle il est lié dès son origine. S. Hedãyat, lui aussi, quoique dans un autre genre, celui de la nouvelle, évoquera l’histoire de l’Iran (L’ombre du Mongol, Le dernier sourire, Paris, Phébus,1998).

Source: Teheran.ir

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