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  • 23/2/2013
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Exaspération en Syrie

syrie

   Les trois coups de la révolution, en mars 2011, scellent la fin de cette belle histoire. Au fur et à mesure que la Syrie sombre dans le chaos, les divergences affleurent entre les anciens, à l’instar de l’opinion publique arabe, beaucoup moins unanime sur la question syrienne que son homologue occidentale. Aucun d’entre eux ne se proclame pro-Bachar Al-Assad, mais beaucoup s’inquiètent de la direction prise par la rébellion.

Inconditionnel du principe de laïcité dans lequel il a été éduqué, Sami Chatila s’indigne par exemple du soutien que le Qatar et l’Arabie saoudite accordent à l’opposition. " Je n’ai pas de leçons de démocratie à recevoir d’un despote wahhabite ", fulmine-t-il. En tant que chrétien, il se méfie des Frères musulmans, la formation la mieux organisée de la Coalition de l’opposition récemment créée à Doha. Il redoute surtout une " irakisation " de la crise syrienne, une dérive vers la guerre confessionnelle à outrance, dont sa communauté ferait les frais.

   La raison de notre exaspération naît du spectacle par nos médias interposés et si complaisants de ce déferlement sur la Syrie et surtout du passage obligé dans tout le nord du pays et à Alep, de journalistes et de photographes. Totalement étrangers à la région et ignorants de  ce qu’était et est la Syrie, tout juste débarqués, ils se targuent en prime de nous expliquer ce qui s’y passe avec la complicité des opposants les plus fanatisés.

Peu de ces reporters sont régulièrement encartés et ont un média attitré qui les envoie ou pour lequel ils courent d’eux-mêmes attirés par ces malheureux pays devenus champs de guerre, de destruction mais champs de manœuvres recherchés pour nos armées en manque de nouveau terrain d’expérimentation. Les autres, pour la plupart, sont à la recherche de piges alléchantes et de reconnaissance dans la très fermée sphère des informateurs eux de longue date patentés.

   Tous se sont donc introduits dans le pays en électrons libres mais aussitôt à la recherche d’appuis logistiques des groupes armés, pour pénétrer là où leurs photos seraient les plus à même d’être retenues, achetées et bien payées! Certains rentrent en Syrie pour devenir journalistes comme le titrait l’un de ces personnages en mal de passage dans un de ces grands magazines photos qu’on lit chez le dentiste ou le coiffeur. Tous cherchent d’abord la bonne affaire et l’occasion enfin présente, comme l’explique clairement dans son ouvrage Edith Bouvier exfiltrée de Homs, de devenir grand reporter de guerre et de réaliser enfin de ces reportages dont ils rêvent tous– c’est encore elle qui le souligne – et qui, chèrement négocié, les propulsera à la Une de la presse. En réalité tous viennent comme des charognards avides de clichés sinistres. Ils achètent au prix fort leurs passages en Syrie du nord par la Turquie. Ce passage est taxé au minimum deux mille euros pour un seul aller par les plus fanatiques de ces bandes de djihadistes qui ont fondu en masse sur ce malheureux pays! Ils s’y ajoutent les frais de leurs guides, les véhicules et le prix de leurs quelques jours et nuits de séjour. Une maison volée proche d’Alep, raconte l’un d’eux, est ainsi réservée à ces reporters étrangers dont des Européens. Aucun ne manifeste jamais de gêne à s’installer chez des habitants syriens chassés eux de leur intime et précieux domicile!

Sources:

Lemonde.fr

Francesyrie.org

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