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  • 11/9/2013
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Deux caractéristiques essentielles de la Doctrine économique islamique

economique islamique

   La Doctrine économique islamique a deux qualités essentielles qui rayonnent de tous ses détails et lignes. Ce sont le réalisme et la morale. En effet, l’Economie islamique est à la fois réaliste et morale dans les buts qu’elle veut réaliser et dans la méthode qu’elle adopte.

   C’est une Economie réaliste dans ses buts, car elle vise, dans ses règlements et lois, des buts qui concordent avec la réalité de l’humanité dans toute sa nature, ses penchants et ses caractéristiques générales, et s’efforce toujours de ne pas épuiser l’humanité dans ses calculs législatifs et de ne pas la faire voler vers des horizons fictifs lointains qui ne sont pas à sa portée. Elle fonde toujours son plan économique sur la vision réaliste de l’homme, et poursuit des buts réalistes qui se conforment à cette vision. Une Economie utopiste, l’Economie communiste par exemple, se plairait à se fixer un but irréaliste et à aspirer à la réalisation d’une humanité nouvelle, dépouillée de tous les penchants égoïstes, capable de distribuer entre ses membres le travail et les biens sans le recours à un appareil gouvernemental chargé de cette distribution, et dépourvue de toute sorte de discorde et de lutte. Mais cette vision ne concorde pas avec la nature de la Législation islamique et le réalisme qui caractérise ses buts et objectifs.

En outre, c’est une Economie réaliste dans sa méthode aussi. De même qu’elle vise des buts réalistes et réalisables, de même elle garantit la réalisation de ces buts d’une façon réaliste et matérielle, et ne se contente pas d’une garantie sous forme de conseils et d’orientations prodigués par des prédicateurs et des conseillers, car elle veut parvenir à la réalisation de ses buts, et ne se contente pas de les laisser à la merci du hasard et de la conjoncture. Ainsi, lorsqu’elle vise par l’exemple l’instauration de la solidarité générale dans la société, elle ne se contente pas, pour ce faire, de mesures d’orientation et de galvanisation de sentiments, mais recourt à une garantie législative qui rend la réalisation de cette solidarité irréversiblement nécessaire.

   La deuxième qualité de l’Economie islamique, la qualité morale, signifie, en ce qui concerne le but, que l’Islam ne choisit pas les objectifs qu’il s’efforce d’atteindre dans la vie économique de la société, à partir des circonstances matérielles et des conditions naturelles indépendantes de l’homme lui-même, comme cela est le cas du marxisme dont les buts sont inspirés de la situation et des circonstances des forces productives. L’Islam regarde ces buts comme étant l’expression des valeurs pratiques dont la réalisation est moralement nécessaire. Lorsqu’il décide la garantie de la vie de l’ouvrier, par exemple, il ne pense pas que cette garantie sociale qu’il a fixée, découle des circonstances matérielles de la production, mais la considère en tant qu’une valeur pratique qu’il faut réaliser, comme nous allons l’étudier d’une façon détaillée dans des pages suivantes de ce chapitre.

   La qualité morale, sur le plan de la méthode, signifie que l’Islam s’intéresse au facteur psychologique dans la méthode qu’il suit pour atteindre ses buts et objectifs. Dans la méthode qu’il propose à cet effet, il ne se contente pas de s’occuper de l’aspect objectif seulement, c’est-à-dire la réalisation de ces objectifs, mais prend un soin particulier à insérer le facteur psychologique et subjectif dans la méthode de réalisation de ces buts. On pourrait par exemple prendre de l’argent au riche pour satisfaire les besoins du pauvre, réalisant ainsi l’objectif que l’Economie islamique poursuit à travers le principe de la solidarité. Mais cela n’est pas tout dans le calcul de l’Islam. Il y a en Islam la méthode par laquelle on doit réaliser la solidarité générale. Car cette méthode pourrait signifier tout simplement l’utilisation de la force pour prélever un impôt sur les biens des riches pour satisfaire les besoins des pauvres. Mais bien que ceci suffise pour réaliser l’aspect objectif du problème, c’est-à-dire la satisfaction des besoins du pauvre, l’Islam ne l’admet pas, étant donné que la méthode de la réalisation de la solidarité est dépourvue d’une motivation morale et du facteur de bienfaisance dans l’âme du riche. C’est pourquoi l’Islam est intervenu pour faire des obligations fiscales, par lesquelles il vise l’instauration de la solidarité, des actes cultuels légaux (prescrits) qui doivent émaner d’une motivation intérieure éclairée poussant l’homme à participer, d’une façon consciente et volontaire, et dans l’espoir de se rapprocher d’Allãh et de le contenter, à la réalisation des buts de l’Economie islamique.

   Il n’est pas étonnant que l’Islam s’occupe tellement de ce facteur psychologique et qu’il prenne un soin particulier à la forger spirituellement et intellectuellement conformément à ses buts et conceptions; car la nature des facteurs subjectifs qui se meuvent dans l’âme humaine a une grande influence sur la formation de la personnalité de l’homme et la détermination de son contenu spirituel. De même, le facteur objectif exerce une influence importante sur la vie sociale, ses problèmes et les solutions de ces problèmes. Il devient évident pour tout le monde aujourd’hui que le facteur psychologique joue un rôle principal dans le domaine économique: il influe sur l’avènement des crises périodiques dont souffre énormément l’Economie européenne, et affecte également la courbe de l’offre et de la demande, la productivité de l’ouvrier et d’autres éléments de l’Economie.

L’Islam ne se borne pas, dans sa Doctrine et ses Enseignements, à organiser la façade extérieure de la société, mais pénètre dans ses profondeurs spirituelles et intellectuelles pour créer une harmonie entre le contenu intérieur et le plan économique et social qu’il établit. Il ne se contente pas, dans sa méthode, de choisir n’importe quel moyen susceptible de réaliser ses buts, mais fusionne ce moyen dans le facteur psychologique et la motivation subjective qui concordent avec lesdits buts et leurs conceptions.

Source: AL-SADR. Mohammed Bãqir, Notre économie, Traduit de l'arabe et édité par Abbas Ahmad Al-Bostani, éd. La cité du savoir, Canada.

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